dimanche, 30 octobre 2005
Florilège
Les Inrockuptibles : « Un smash d’une vigueur étonnante. Woody en pleine forme conclut tous les points gagnants. »
Ciné Live : « Jeu, set et match sous les vivats des spectateurs. »
Télérama : « Woody champion hors compétition. »
Nice-Matin : « Opus gagnant. »
Le Figaro : « Un Woody Allen en grande forme cinématographique. »
Ouest-France : « Balle de match gagnante. »
Métro : « Un Woody Allen en grande forme. »
Le Progrès : « Woody gagne son match. »
L’Est Républicain : « Un film plein de rebonds. »
16:10 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 24 octobre 2005
Anthropomorphisme
La machine à café : « Je rends la monnaie. »
Le DVD du vidéoclub : « Je me raye facilement, veuillez me ranger dans mon boîtier. »
Le biscuit au chocolat : « J'ai un bon goût de chocolat. »
La bouilloire en vitrine : « Je siffle. »
Le singe au zoo : « Je viens du Kenya. »
Bonjour, ici le blog de Polyphème ! Je suis un blog très sympa, ma maîtresse est cool avec moi car je suis gentil. Lisez-moi et je vous fais plein de bisous !
14:40 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
lundi, 17 octobre 2005
Pause
Polyphème, le nez dans les cartons et les meubles en kit, se met en veille un petit moment.
15:15 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
samedi, 15 octobre 2005
Au Chien maniaque

22:00 Publié dans Enseignes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 14 octobre 2005
Chroniques chroniques
De nombreux magazines de cinéma, ou plus largement à sujets culturels, se sont mis à réserver des pages pour des rubriques DVD. Et on lit souvent cet argument : "Le film est nul mais le menu du DVD est vachement bien !"
22:40 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Faire-part
Un jour j'ai reçu ce faire-part de naissance, émanant d'un mien cousin :
Télégramme
Suis arrivé en avance - Stop - A temps pour l'apéro - Stop - Le telle date à 12h00 - Stop - Je suis grand, beau et fort - Stop - Maman est rayonnante - Stop - Papa est tout ému - Stop - Les infirmières sont mignonnes - Stop - Bref, je m'éclate - Stop - Venez vite me voir, j'ai hâte de vous connaître - Stop - Mille bisous !
--- Suivent le prénom de l'enfant et l'adresse des parents ---
Les parents ont sans doute voulu bien faire, ajoutant une touche "d'humour" au traditionnel faire-part. Ils ont sans doute choisi un modèle de texte proposé par l'imprimeur.
Les gens ne sont pas capables de voir ce qu'un tel faire-part induit, et laisse deviner du regard des parents sur leur enfant.
"A temps pour l'apéro" : le gamin est à peine né qu'on le marque au sceau de la beauferie.
"Je suis grand, beau et fort" : il n'a même pas eu le temps de vivre dix jours qu'il est déjà soumis au culte du corps, de la performance, de la perfection physique.
"Les infirmières sont mignonnes" : le nouveau-né se trouve déjà hypersexualisé, qui plus est de façon légèrement vicelarde.
"Bref, je m'éclate" : même pas encore construit, il est déjà éparpillé.
"Venez vite me voir" : il n'a déjà plus le temps de vivre, il faut se dépêcher.
"J'ai hâte de vous connaître" : non seulement on lui confisque la parole du début à la fin en lui faisant dire n'importe quoi, mais on projette sur lui ses propres désirs (il faut bien sûr comprendre de la part des parents : "Nous avons hâte de vous présenter notre enfant", ce qui serait fort légitime si c'était exprimé ainsi).
Il est consternant de contempler dans les vitrines des imprimeurs toutes sortes de ces faire-parts : il n'en existe presque plus où les parents annoncent la naissance, c'est toujours l'enfant qu'on fait parler en disant "je suis arrivé". La tendance trouve son prolongement dans l'éclosion des blogs de bébés, où les parents n'ont aucun scrupule à parler à la place de leur gamin et à raconter toute sa vie.
Au risque de me répéter : on ne sait plus que les enfants sont des gens.
09:20 Publié dans Mômes | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
jeudi, 13 octobre 2005
Keep off my grass
L’émission n’existe peut-être plus, rien que sa bande-annonce me donnait des boutons, jusqu’au jour où je l’ai regardée en entier. La Carte au Trésor, proposée par le Service Public, financée par la redevance.
De larges plans sur les riantes campagnes de France. Soudain, vrombissement infernal, hélicoptère, caméra à l’épaule, gueule hilare du présentateur. C’est déjà pénible. Ensuite, un village paisible de quelques centaines d’âmes tranquilles. Déboule alors un guignol bleu ou rouge, harnaché d’un bazar invraisemblable comme pour effectuer un raid dangereux, suivi par un caméraman haletant. Ils courent, ils remuent, ils crient. Le guignol brandit sa carte d’état-major, crie plus fort que l’hélicoptère, brasse de l’air, gesticule en tous sens et se précipite vers le premier villageois venu pour lui hurler dessus : « C’est pour la télé ! J’entre chez vous ! Je prends votre voiture ! Je fouille dans votre frigo ! ». L’argument absolu a été assené : c’est pour la télé.
15:35 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 12 octobre 2005
Everything in its right place
Aujourd'hui je profitai de me trouver à Lyon pour me mettre à la chasse du dernier numéro de la revue Éléments (ma précédente tentative à Nice était restée vaine). Afin d'augmenter les chances de rencontrer l'objet, je me rendis à la Maison de la Presse de l'énorme centre commercial de la Part-Dieu. Des centaines de magazines et de journaux couvraient des dizaines de mètres carrés. Devant cette pléthore, je m'adressai à un vendeur. Sitôt qu'il m'eut demandé de quoi parlait cette revue dont il n'avait jamais entendu le titre (je répondis vaguement : politique, réflexion, philo...), il m'emmena d'un pas assuré dans un rayonnage où je n'avais pas cherché. Éléments s'y trouvait en effet. C'était le rayon « Business & Management ».
18:30 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mardi, 11 octobre 2005
Cierges
Cet été je me suis promenée en Espagne. Dans de nombreuses églises, les cierges avaient été avantageusement remplacés par des diodes électro-luminescentes orange (du même genre que les gros boutons lumineux des ordinateurs qu'on observe dans les vieux films de science-fiction) : au lieu d'allumer une vraie bougie, mettez votre obole dans la machine et une diode s'éclaire pour une durée préréglée automatiquement. Sans lumière, sans bavure, sans coulure, rapide, propre, efficace, pratique.
09:40 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 10 octobre 2005
Codes
Dans un coin de ma mémoire, il y a :
- le code de ma carte bancaire n°1 (4 chiffres)
- le code de ma carte bancaire n°2 (4 chiffres)
- le numéro inscrit au verso de ma carte bancaire n°1 (3 chiffres)
- mon numéro de téléphone portable (10 chiffres)
- mon numéro de téléphone fixe (10 chiffres)
- mon numéro de Sécurité Sociale (15 chiffres)
- mon mot de passe pour mon adresse e-mail n°1 (6 caractères minimum)
- mon mot de passe pour mon adresse e-mail n°2 (6 caractères minimum)
- mon mot de passe pour mon adresse e-mail n°3 (6 caractères minimum)
- mon mot de passe pour mon adresse e-mail n°4 (6 caractères minimum)
- mon numéro de compte en banque n°1 (8 chiffres)
- mon code d’accès à mon compte en banque n°1 sur internet (4 chiffres)
- le code de ma banque n°2 (3 chiffres)
- mon numéro de compte en banque n°2 (6 caractères)
- mon code d’accès à mon compte en banque n°2 sur internet (6 chiffres)
- mon identifiant pour utiliser l’e-carte bleue (8 caractères)
- mon mot de passe sur les sites commerciaux (6 caractères minimum)
- mon mot de passe sur Haut et Fort (6 caractères minimum)
- le code PIN de mon téléphone portable (4 chiffres)
- mon numéro d’allocataire à la CAF (7 chiffres)
- la recette du Bloody Mary (8 ingrédients)
Références client, numéros de membre, matricules de sociétaire, codes secrets, codes d’accès, « ne communiquez jamais votre mot de passe ou votre numéro de carte bancaire dans une conversation sur messagerie instantanée », identifiants, log in, log out, « n’oubliez pas de vous déconnecter (recommandé sur un ordinateur public) ».
– Vous avez la carte de fidélité ?
– Non. Et je n’en veux pas.
14:15 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

