lundi, 28 novembre 2005

Carnet

Vendredi dernier, sur un malentendu (je pensais y trouver un texte de Finkielkraut, qui avait dû paraître la veille), j'achetai Le Monde - ce qui constitue en soi un événement.
Un éditorial idiot et contradictoire ouvrait le bal, mais je lus pourtant la plupart des articles, histoire de rentabiliser mon euro vingt. C'est alors que cette annonce du carnet me passa sous les yeux :

« Anne et Marine RAMBACH
ont la joie d'annoncer la naissance de leur fille
Odyssée,
petite soeur de
Athène,
née le 18 novembre 2005. »

Bon, déjà, hein, le prénom des gamines. Un peu lourds, un peu pompeux. Je me demande si l'on est bien avec de tels prénoms les jours où on a envie de rester en pyjama et de ne pas se laver les cheveux. Ah ça, avoir le nom d'une déesse grecque ou d'une épopée, ça oblige à bien se tenir.
Bon, hein, mais, ensuite, les parents... Je m'interroge : est-ce l'une de ces nouvelles familles homoparentales et si fières de l'être ? Si oui, voilà un spécimen carrément subversif de progressisme, puisque les deux femmes partagent apparemment le même nom de famille (je ne crois pas savoir que le PACS permette l'usage du nom du conjoint, mais je peux me tromper). Mais peut-être est-ce tout simplement une famille normale (j'assume l'épithète) avec un père et une mère, car le prénom Anne fut longtemps porté par les hommes. Un père prénommé Anne laisse imaginer une famille plutôt aristocrate, ce qui expliquerait le prénom des enfants. L'air du temps me fait néanmoins craindre la première hypothèse.

Commentaires

D'après ce que je sais, et certaines photos parues dans les livres de guerre, les Marines sont plutôt des hommes.

Ecrit par : Mauricette Beaussart | lundi, 28 novembre 2005

Voyons, Polyphème, mieux vaut s'appeler Athène que Melody ou Jenifer.

Ecrit par : Odyssée (désolée, c'est mon pseudo...) | lundi, 28 novembre 2005

On peut envisager l'hypothèse selon laquelle Marine aurait adopté Anne, ou vice-versa (c'est le cas de le dire). Et que l'une d'elle ait ensuite adopté en Grèce deux bébés. Ou un bébé chacune pour ne pas faire de jalouse.

Ou encore l'hypothèse selon laquelle le préposé aus petites annonces du Monde soit disposé à fermer les yeux sur cette petite fantaisie du moment que son journal de référence y troouve son compte.

C'est bien d'une gonzesse, ça, de lire un journal en entier pour "rentabiliser" la somme d'un euro vingt. Ah ce compte-là, on lira Harry Potter plutôt que Shakespeare parce qu'il y a plus de pages pour le même prix.

Ecrit par : Ulysse | mardi, 29 novembre 2005

A mon avis, les éditions "1-volume" de Shakespeare présentent un rapport quantité/prix bien plus favorable que Harry Potter.

J'allais réagir, avec mon optimisme habituel, pour exprimer ma préférence pour la deuxième hypothèse, mais j'ai googlé par acquis de conscience, et voici le résultat:

http://www.media-g.net/detail.php?id=0EHED0YSDR

Vous auriez aussi pu faire remarquer que grammaticalement, c'est Athène qui est née le 18 novembre dernier.

Ecrit par : Médor | mardi, 29 novembre 2005

Il faut voir le bon côté des choses : c'est toujours mieux que Bamako ou Cotonou.

Ecrit par : Gauthier | mardi, 29 novembre 2005

"Odyssée" est la version française de « odysseus » qui signifie Ulysse en grec…
Si la petite s'habille en garçon, faudra pas venir pleurer.

Ecrit par : sk†ns | mardi, 29 novembre 2005

Je me pose une question: faudra-t-il dire "les parents d'Athène et Odyssée sont sympathiques" ou "les parentEs d'Athène et Odyssée sont sympathiques"? J'imagine que l'Académie se prononcerait pour "parents", mais qu'en pensent les femmes homosexuelles?
Quoi qu'il en soit nous nageons, avec ce carnet, en pleine science-fiction.

Ecrit par : minas | mardi, 29 novembre 2005

Lapinos, j'avais déjà dit à Uno que j'assumais le fait d'être une gonzesse, avec tout ce que cela sous-entend (vénalité, mesquinerie comprises). Donc, oui, je me force à lire un journal qui m'a coûté 1,20 euro. Un jour j'ai trouvé les oeuvres complètes de Shakespeare en anglais en un seul volume dans une bouquinerie, c'est la clé de voûte de ma bibliothèque (mais je n'ai pas tout lu !).
D'ailleurs, à propos de bibliothèque, il me semblait que c'était dans "Le Diable au corps" qu'un personnage masculin s'appelait Anne, mais non, après vérification c'est dans "Le Bal du Comte d'Orgel", du même Radiguet : le comte en question s'appelle Anne d'Orgel.

Merci Médor pour le lien instructif sur le fin mot de l'affaire... c'est triste. Minas, j'avais songé à écrire "parentes" en rédigeant la note... c'est triste.

Ecrit par : Polyphème | mercredi, 30 novembre 2005

Il me semble aussi , mais je peux me tromper, qu'il y a un personnage nommé Anne dans l'Automne à Pékin de Vian.

Ecrit par : Ludovic | mercredi, 30 novembre 2005

Moi j'assume bien ma bestialité d'homme, Poly, alors pourquoi pas ?

Ecrit par : Lapinos | mercredi, 30 novembre 2005

Pour répondre à Minas, je donne mon avis de "femme homosexuelle" (ou lesbienne, c'est plus court): compte tenu du fait que "les parentes" signifierait simplement que l'on parle de femmes apparentées à, c'est à dire de la même famille, je préfèrerais qu'on garde le nom pluriel et, je crois, invariable, "les parents". Mais en y réfléchissant, on pourrait dire aussi "les mères", après tout... Au choix, je ne fais pas partie des femmes qui veulent absolument tout mettre au féminin et refusent les mots masculins de la langue française, ça finit par faire un débat sans fin et c'est beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Ecrit par : l'avis d'une femme homosexuelle | mercredi, 18 janvier 2006

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