mardi, 31 janvier 2006
À suivre
Le blog IUFM Tabloïd a ouvert il y a une demi-heure, il a déjà gagné d'être en lien ici. La question de l'éducation m'effraie de plus en plus, à chaque document accablant que je rencontre. Hier, via la page de Vladimir, je suis tombée sur les extraits délirants de manuels scolaires dont le site SOS Éducation demande qu'ils soient retirés de la vente : à la lecture proprement incroyable des exercices qu'ils contiennent, on ne peut que pleurer de dépit et de rage. C'était déjà l'état dans lequel m'avait mise la lecture du site de l'excellent Laurent Lafforgue, qui avait eu le courage de mots très durs pour l'Éducation Nationale il y a quelques semaines dans l'émission de Finkielkraut.
Le pire n'est sans doute pas tant ce constat de destruction généralisée que l'absence de réaction chez les professeurs eux-mêmes, qui trouvent que « bien sûr que si, on a pris la mesure des dégâts d'après 1968, on est en train de rectifier le tir ». Ce n'est franchement pas mon impression.
10:50 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 30 janvier 2006
C'est du toc, c'est un tic, c'est un pack

13:15 Publié dans Enseignes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 28 janvier 2006
Classiques
Hem hem, la notion de cinéma classique n'est apparemment pas la même pour tout le monde...
12:40 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
vendredi, 27 janvier 2006
Hiérarchie
La météo sur France-Inter, c'est cinq minutes en ouverture de journal juste après les titres (« Un vent d'ouest sur la majeure partie du pays, avec des températures de -5 à 0,7°C à Montélimar, des précipitations inhabituelles dans le Cotentin, des nuages à basse altitude à Langres, un rayon de soleil sur Narbonne, le vent soufflera entre 50 et 100 km/h sur une ligne Reims-Nice, le soleil se lèvera le matin et se couchera le soir et entretemps il fera jour, on attend de la neige et une sorte de grésil dans les régions montagneuses, prévoir une petite laine à plus de 1500 mètres d'altitude, prenez un parapluie s'il pleut, vous allez attraper la mort, couvrez-vous surtout si vous faites du jet-ski hors pistes, c'est bientôt le printemps mais sans plus attendre la suite du journal. ») + un sujet entier inséré dans le journal (« une autoroute bloquée par la neige » avec reportage, envoyé spécial, interview en studio du PDG de la société d'autoroute) + un nouveau résumé de Joël-Colado-de-Météo-France pour clôturer l'émission.
La météo sur France-Culture, c'est une phrase en fin de journal : « La neige revient », qui résume exactement le temps de la journée.
Heureusement que je n'ai pas la télé...
15:50 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Quel âge avait Rimbaud ?
Nous célébrons aujourd'hui « le deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart ». Pourtant l'année dernière « Sartre aurait eu 100 ans ». Mozart aurait donc eu 250 ans cette année, ce n'est pas plus insensé puisque ni l'un ni l'autre n'atteignirent ces âges.
13:40 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mercredi, 25 janvier 2006
Contresens
En 1958 Jacques Tati réalisait un chef-d'œuvre, Mon Oncle. Le film met en scène l'éprouvante enfance d'un garçonnet aimant s'ébattre et jouer dans une maison moderne, propre et infernale dans laquelle « tout communique ». Le film va bien au-delà de ses personnages pour élaborer une réflexion de génie sur la transition entre un monde traditionnel encore proche de la terre où la Vie entortille ses loufoqueries dans tous les recoins (le trajet de l'oncle dans son immeuble pour atteindre sa porte) et un monde moderne obnubilé par l'efficience et la surface lisse, qui a tendance à évacuer tout imprévu. Heureusement le petit Gérard – le titre du film indique discrètement que c'est son point de vue qui compte – et son oncle, par leur naturel et leur bon sens, commettent des gaffes qui horrifient la maîtresse de maison, mais qui ne font que rétablir la vie là où l'ordre étouffe. Par exemple, l'oncle est retrouvé en train de dormir sur le canapé, qu'il a été obligé de renverser afin de pouvoir s'installer dessus.

C'est donc avec assez de surprise que j'apprends que la société Domeau & Pérès qui fabrique des meubles artisanaux réédite les meubles de Mon Oncle, alors même que le film a montré qu'ils étaient invivables. Et ce, sur la commande des fondateurs de la structure Les Films de Mon Oncle, qui restaure les films de Tati et les édite en DVD ! On peut lire dans le dossier de presse des passages plutôt étonnants :
« La rencontre en 2002 avec Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps est à l’origine d’une nouvelle aventure : l’édition exceptionnelle des meubles de Mon Oncle de Jacques Tati, film incontournable et étrangement visionnaire tourné en 1958 ! Car les parents des Deschiens sont aussi les fondateurs avec Sophie Tatischeff, des Films de Mon Oncle, structure créée en 2001 pour offrir au public le merveilleux patrimoine Tati. Domeau & Pérès sont depuis longtemps épris de Mon Oncle et de son esthétique géniale ; les Deschamps-Makeïeff honorent au travers du DVD la formidable intuition de Tati sur la question de la modernité. Le projet de réédition des meubles arrive ainsi à point nommé pour "matérialiser" le génie de Tati, tout en offrant de nouvelles pistes d’exploration pour le meuble. (...) Chaque pièce Mon Oncle, fabriquée aujourd’hui pour la première fois à huit exemplaires numérotés, est destinée à une utilisation quotidienne, comme tout meuble sortant des ateliers Domeau & Pérès. »
Mais si le film montre que leur fameuse « utilisation quotidienne » est insupportable, et si ce film est « étrangement visionnaire », faut-il tout de même être aveugle, idiot ou snob pour vouloir ces meubles chez soi !
13:50 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2006
Jean Jaurès ? C'est une rue, quoi.
À la caisse, le téléphone sonne. La vendeuse répond, mécanique :
« Magasin-Truc-Lyon-République-Aurélie-bonjour.
– ...
– (interpellant une collègue en rayon) Tu peux venir répondre ? C'est Victor Hugo ! »
12:25 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 17 janvier 2006
Arrêt au port de Nice

18:30 Publié dans Enseignes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
lundi, 16 janvier 2006
Un héros dans le métro
Quand je dis que les jeunes gens sont méprisés dans cette société, on répond qu’au contraire, ils sont admirés, imités, enviés, la preuve étant qu’ils sont courtisés à longueur de journée par les publicitaires. Je maintiens. On ne s’adresse aux jeunes gens qu’en supposant leur absence d’intelligence et de culture, en leur prêtant des idées politiques auxquelles seuls quelques-uns adhèrent, et on leur parle dans un langage dégénéré en imaginant qu’ils s’expriment tous ainsi. On prétend les « sensibiliser », mais toujours en faisant appel à des réactions viscérales plutôt qu’à leurs convictions raisonnées. Bref, on prend les jeunes gens pour les idiots qu’ils ne sont heureusement pas toujours malgré le décervelage subi depuis l’enfance.
C’est ainsi que les Transports en Commun Lyonnais sortent une nouvelle campagne publicitaire. Sur la photo d’un étudiant parfaitement stéréotypé, le slogan claque : « Avant de t’embourgeoiser, aie le courage de tes idées ». On peut lire l’explication en bas de l’affiche : « Choisir les transports en commun et les modes doux, c’est préserver les ressources de la planète. Avec l’abonnement Campus, roule "durable" pour 30 € par mois ».
Le courage (le mot est fort !), dans cette société de mollesse et de moelleux, consisterait donc simplement à payer un abonnement de métro… Voilà ce qui s’appelle un engagement héroïque, d’autant plus qu’il est admis qu’on finisse normalement par « s’embourgeoiser » – c’est-à-dire par acheter une voiture et par ranger ses convictions écolos de jeunesse au placard ?
Les étudiants lyonnais ne sont tout de même pas si sots et je n’ai entendu que des éclats de rire ou des indignations sincères face à cette affiche insultante à tous les égards.
15:25 Publié dans Fake new world, Symptômes | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
jeudi, 12 janvier 2006
Chats
Je reviens de la FNAC où je me suis aperçue qu'on y vendait des livres énormes et chers uniquement remplis de photos de chats, du même genre de celles qu'on imprime en quantité sur cartes postales. Pourtant j'aime bien les chats, mais il semble que ces pauvres bêtes cristallisent (avec le nounours, mais le nounours n'est pas un vrai ours) la quintessence de la mièvrerie contemporaine. Il suffit de parcourir cinq minutes la blogosphère pour trouver quantité de ravis à qui internet permet de raconter par le menu – et en images – la vie de leurs animaux. Ainsi ce couple de jeunes femmes nous narre-t-il jour après jour les aventures de quelques bêtes égarées dans son jardin, ainsi cette quinquagénaire s'ébahit-elle de photos « humoristiques » forcément adorables, ainsi ce photographe se sent-il obligé de passer par la case « chats » pour trouver une crédibilité professionnelle, ainsi cette blogueuse crée-t-elle une rubrique spéciale sur le sujet. Sans parler de ce blog entièrement consacré aux chatons (même si à bien le lire, il semble mystérieusement traiter davantage du groupe Téléphone...).
Dans le même registre, j'ai aussi appris à mes dépens qu'il est rigoureusement impossible pour une femme d'acheter un pyjama qui ne soit orné ni de cœurs, ni de nounours (tortues, lapins, grenouilles...), ni de petites étoiles.
17:30 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

