mardi, 28 février 2006
Ceci n'est pas un texte en français
DEAR JOHN LETTER
Paroles et musique : Éric Vincent
Au revoir mon amour it's a fait accompli
Your entourage is not en rapport with me
You are a connoisseur I say that en passant
And for a nouveau riche you are a bon vivant
My début was bizarre in a grand cabaret
And my repertoire very recherché
For the petits-bourgeois you know that n'est-ce pas
I was a fille de joie, it was a faux pas
AU REVOIR MON AMOUR
AU REVOIR
I met a troubadour like in a rêverie
Juliette in a boudoir Romeo vis-a-vis
A certain je ne sais quoi some champagne and a rose
The pie was à la mode and I was amoureuse
As a routine he had a chauffeur and a garage
But la crème de la crème he was in espionage
To play it with finesse I needed some courage
In this risqué business his dress was camouflage
AU REVOIR MON AMOUR
AU REVOIR
During an experience we met a mademoiselle
Oh la la what a chance she was au naturel
With her chiffon brassière and petite lingerie
So this ménage à trois was like a coup d'état
Amateur libertine he had a pied-à-terre
He got a limousine gigolo débonnaire
Loving this imbecile I lost my silhouette
Then it was not facile to do a pirouette
AU REVOIR MON AMOUR
AU REVOIR
It's a cliché but
Touchée by our tête-à-tête I had a renaissance
You were my raison d'être suave par excellence
Now I am en route for a next rendez-vous
A genre of étiquette is it not déjà vu
Au revoir mon amour what a catastrophe
The romance is encore a cul-de-sac for me
For a last souvenir I demand a détour
Au revoir my chéri bon voyage mon amour...
11:40 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
lundi, 27 février 2006
Saltimbanques
Le jeune urbain se déplace grâce à des modes de transport toujours réinventés, selon la tendance du moment. Le vélo, la trottinette, le roller, présentent au moins l'insigne avantage de permettre un déplacement plus rapide que la marche à pied, ce qui semble la moindre des exigences... du moins qui le semblait, jusqu'à ce que les nouveaux branchés s'exhibent sur des monocycles le long de trottoirs mal adaptés. Ils perdent l'équilibre, ne savent pas prendre un virage, manquent renverser les piétons – et quand ils maîtrisent bien la technique, vont moins vite que les marcheurs. Oui mais ils ont montré au monde leur superbe différence, leur esprit de nomade, leur âme d'artiste, leur attachement à la fête et au monde merveilleux du cirque, ils sont rebelles et beaux, ils sont la joie et la jeunesse, l'engagement et la fougue, et surtout ils bouffent équitable.
17:15 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Glissement
Il est fou de constater qu'aujourd'hui, il paraît déviant et suspect de souhaiter fonder une famille nombreuse, avec un père et une mère, dans les liens du mariage. Quel est donc ce métier, le pire de tous, qui vous déconsidère instantanément aux yeux de la société, qui est affreusement sexiste puisqu'il ne concerne que les femmes, qui éveille la compassion, qui n'est pas reconnu, qui est assimilé à une perte de temps, à une entrave à l'épanouissement personnel, qui est devenu un synonyme d'aliénation ? Réponse : mère de famille.
13:50 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
vendredi, 24 février 2006
L'objet le plus con du monde :
Le tampon hygiénique parfumé.
11:05 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
jeudi, 23 février 2006
Limite
On apprend aujourd'hui que Youssef Fofana a été arrêté en Côte d'Ivoire. La semaine dernière le Figaro rapportait les propos du procureur qui déclarait que « nous sommes face à des comportements à la limite de la barbarie ». On se demande vraiment ce qu'il lui faut que ce soit de la barbarie tout court.
13:15 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 22 février 2006
Un peu de patience
Ce midi je voulais poster une nouvelle photo d'enseigne, mais quand j'enregistre la note l'image disparaît incompréhensiblement. Entretemps, je suis passée chez le médecin où j'ai bouquiné un passionnant numéro de Paris Match vieux de plusieurs mois, dans lequel j'ai appris que Jack Lang voulait « redonner la pêche » aux Français, qu'Alain Delon avait un cimetière de trente-cinq chiens dans son jardin et qu'il s'y fera enterrer, que Keren Ann faisait des efforts pour sourire et que le frère de Camilla Parker-Bowles s'était marié. Pourquoi les salles d'attente ne regorgent-elles que de Marie-Claire ou de Elle, sans jamais proposer autre chose ? Allons, allons, on peut sans doute penser à quelques publications moins frivoles qui ne seraient pas pour autant des revues intellos... non ? Soit les médecins prennent leurs patients pour des incultes, soit les patients sont des incultes. Ou bien, les gens sont trop malades pour lire des magazines intelligents. C'était donc ça !
19:00 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
mardi, 21 février 2006
L'Association
Je ne me suis jamais beaucoup intéressée à la bande dessinée, et c'est grâce à un cadeau que j'ai découvert récemment les éditions de L'Association.

Pour l'instant j'ai lu seulement deux titres de leur catalogue, Shenzhen et Pyongyang de Guy Delisle, pour lesquels je n'aurai pas assez de louanges. L'auteur, qui travaille dans le dessin animé en France (même s'il est canadien), raconte ses deux séjours professionnels de quelques mois d'abord en Chine dans la ville industrieuse de Shenzhen puis dans la capitale de la Corée du Nord. Le récit chinois est insolite, voire hilarant : Delisle parvient à capturer tous les petits détails extrêmement dépaysants, ceux qu'on n'arrive pourtant jamais à raconter et qui font qu'on se sent profondément au bout du monde (j'ai retrouvé de nombreux souvenirs de mon séjour à Pékin). Son regard d'étranger est très juste, amusé mais jamais moqueur, détaché mais tendre. Quant à son sens du dessin, c'est un émerveillement à chaque case. Dans ces conditions, je vous laisse imaginer la qualité de son œuvre sur Pyongyang, cette ville irréelle au pays du mensonge permanent, où tout semble absurde, laid et révoltant à un Occidental. Ce bouquin est un chef-d'œuvre.
Et la maison qui l'édite, alors ? Renseignements pris, L'Association a été fondée en 1990 entre autres par Lewis Trondheim et Jean-Christophe Menu, et elle a contribué à faire connaître notamment Joann Sfar ou Marjane Satrapi. Si j'ai cherché à en savoir plus, c'est que j'ai été pour le moins intriguée par la carte postale trouvée dans les deux livres de Delisle : c'est une de ces cartes postales que le lecteur est invité à renvoyer afin de recevoir le catalogue. Or, le texte est un peu loufoque, et surtout on trouve ces petites lignes dans le cadre du timbre...
- Carte 1 : « Et là-dessus on met le Timbre d'une Horrible Nation Pacifiste d'Extrême-Gauche. »
- Carte 2 : « Et ici je mets quoi ? Un autocollant de joueur de foot trouvé dans La Vache Qui Rit ? Ou bien une Marianne à la con et à un demi-euro environ ? Beh comme je veux, eh. »
12:25 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 17 février 2006
La Ferme aux professeurs, de François Vermorel
Pour connaître plusieurs personnes travaillant dans l'enseignement, je suis assez sensible à la question des IUFM. François Vermorel, que je suivais déjà sur son site, vient de publier La Ferme aux professeurs, Journal d'un stagiaire, aux Editions de Paris. Si le livre est édifiant dans son contenu, il est un peu léger sur la forme pour avoir toute la force d'un pamphlet, c'est pourquoi le lexique qui le clôt en est sans doute le meilleur : c'est aussi concis qu'acide (que d'allitérations hasardeuses...). Voici quelques extraits.
« - Activité : Façon d'occuper les apprenants, autrefois appelée « exercice ». Il faut multiplier les activités afin de distraire les élèves et ne pas leur donner l'impression qu'ils travaillent. Si, en plus, ils peuvent apprendre quelque chose, c'est mieux. Mais prenez garde à ne pas être trop ambitieux.
- Créativité : En tant que jeunes, par essence proches de l'enfance, les apprenants se caractérisent par d'étonnantes capacités de création qu'il faut développer, au lieu de les brimer en leur imposant des connaissances qui scléroseront leur imagination. Attention ! découper et colorier un poème développe l'imagination ; faire un exposé ou une rédaction la momifie, car ces exercices dont académiques et discriminatoires.
- Culture : Notion délicate à manier. Il est admis que toutes se valent. Mieux vaut ne pas en parler.
- Enseignement privé : Le mal absolu. Non seulement ils sont catholiques, mais en plus ils ont renié tous les principes fondamentaux de l'éducation pour tous. Ils n'accueillent que des enfants de bourgeois, se rient des programmes, virent leurs mauvais élèves... En fait, il vaut mieux n'en point parler et faire comme s'il n'existait pas.
- Hétérogénéité : Procédé permettant de faire se côtoyer dans une même classe des collégiens analphabètes et de futurs candidats aux grandes écoles. Pédagogiquement ingérable, ce type de structure est un apprentissage de tous les instants à la tolérance et à l'ouverture sur le monde.
- Production scripturale : Anciennement appelée « copie », toute création écrite de l'apprenant est une production scripturale. En tant que création, on ne peut pas la juger.
- TIC : Technologies de l'information et de la communication, plus communément appelées « informatique ». Ce sigle quelque peu cabalistique fait prendre conscience aux stagiaires de l'importance du sacrifice nécessaire pour parvenir à se moderniser. »
Entre autres...
15:45 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 16 février 2006
Envoyé spécial
Je ne sais quelle est cette passion journalistique de vouloir toujours parler depuis le lieu même de l'action. Pour réaliser un reportage télévisé, quoi de plus naturel que de songer à se rendre sur place, mais en ce qui concerne la radio je suis assez perplexe.
Radio-France a fait très fort cette semaine. Sur France-Culture, on s'est hautement gargarisé à longueur d'antenne pour que les auditeurs comprennent bien que le même gars qu'ils entendent chaque jour leur parlait cette fois, tenez-vous bien, « en direct de la Médiathèque John Lennon de La Courneuve », ce qui légitimait forcément chacun de ses propos sur la banlieue. La banlieue, justement, fait l'objet d'une semaine thématique sur cette radio : vous aussi, testez le taux d'amour de la France en allumant votre poste. Vous avez toutes les chances de tomber sur Diam's éructant « C'est pas l'école / Qui nous a donné nos codes » (avec le sens de la rime qu'on lui connaît), ou sur une patiente dans un cabinet médical de la ville expliquant que la France ne l'aide pas assez, ou sur des écrivains qui récusent le passé simple, ou sur des slammeurs pour qui « le pays des Droits de l'Homme, c'est la sous-France », ou sur des architectes qui réinventent les espaces de vie comme cette Médiathèque John Lennon qu'avec un nom pareil je devine mirobolante. Bref, de quoi se plaint-on, une semaine d'autoflagellation en direct de sur place !!!
Et pendant qu'on est à délocaliser les émissions, le journaliste qui présentait hier soir le journal de 19 heures sur France-Inter frétillait et ne se sentait plus de joie en nous annonçant fièrement que ses collègues présenteraient la tranche matinale d'aujourd'hui depuis Téhéran – « ce qui est très rare » ajouta-t-il pour bien nous faire comprendre notre privilège immense de les entendre dire autant de bêtises mais depuis un pays exotique au péril de leur vie.
Allez, je mets un disque.
12:45 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mardi, 14 février 2006
Pleurnicheries
En passant devant une boutique, j'aperçois ce nouveau slogan : « Le droit de s'habiller en Ikks ». L'idée publicitaire est poussée jusqu'au bout puisque devant les mannequins en plastique de la vitrine sont entassées des piles de faux journaux (le Ikks Frames) qui titrent de cette phrase un faux article sur ce faux nouveau droit. Encore une fois, les publicitaires sont les plus malins, qui ont bien saisi l'air du temps.
Avec la floraison actuelle de nouveaux droits déferle un lot de plaintes incompressibles : si l'on a le droit à l'indifférence, le droit à la différence, le droit au respect des convictions religieuses, le droit au blasphème, le droit d'avoir des enfants, le droit d'être remboursé par la Sécurité Sociale, le droit aux raves, le droit d'être rebelle, le droit au mariage, le droit de faire du ski, le droit de vote, le droit de posséder un home-cinema, le droit d'avoir une peau jeune, le droit à l'emploi et le droit de s'habiller en Ikks, il est bien évident que ceux qui ne profitent pas de tout cela n'ont comme seul recours que la pleurnicherie.
La notion de droit ayant définitivement remplacé celle de mérite, geindre est tout ce qu'il reste à faire pour obtenir ce que l'on veut de Maman-État. Et souvent, ça marche !
17:00 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

