vendredi, 31 mars 2006
Borderline
« Je constate qu'aujourd'hui il n'en faut vraiment pas beaucoup pour être borderline » écrivait récemment Artemus dans un commentaire que je n'ai pas retrouvé...
Après le merveilleux concert de Philippe Katerine la semaine dernière à Lyon, j'ai acheté son disque Robots après tout (amusant clin d'œil à Daft Punk, assez emblématique de son délicieux humour). Ce mec est grand. Une chanson comme « Borderline » paraît simplette et anodine, mais elle en raconte à mon avis beaucoup plus sur l'époque que n'importe quel titre de chanteur citoyen, et pour ne rien gâter elle est fort drôle. Vous m'en direz des nouvelles.
12:00 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 30 mars 2006
De l'éloge
Nos amis les journalistes s'adonnent parfois à l'art malaisé de l'éloge, non sans trébucher au passage sur quelques tartes à la crème (je n'en peux plus de lire que tel groupe de rock fait sonner « des guitares abrasives »), voire sur les écueils de leur propre inculture. Ainsi l'un d'eux écrivait-il récemment au sujet d'une compilation d'hommages à Gainsbourg que se plonger dans les fonds de tiroir de ce dernier est comme d'« ouvrir la boîte de Pandore » car ils ne recèlent que de merveilleuses chansons. Ainsi un autre croit-il vanter un groupe en écrivant que dix ans après le début de sa carrière, il « continue de déverser sa power-pop terriblement efficace et ses mélodies racoleuses ». Ce n'est pas sans me rappeler cet homme – qui avait pour lui l'excuse d'un taux certain d'alcool dans le sang, saura-t-on si c'était le cas de ces journalistes ? – qui apostropha un soir une mienne amie par ce compliment : « Vous êtes très charmante, Mademoiselle, tant bien que mal ».
10:20 Publié dans Langue, Symptômes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
lundi, 27 mars 2006
Dura futura sed futura
Une manifestante entendue sur France-Inter réclamait tantôt pour les jeunes "le droit à l'avenir".
22:45 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 24 mars 2006
Akrodemo
C'est un communiqué pleine page de la ville de Lyon :
« AKRODEMO, à l'écoute des 17/25 ans. Citoyens de 17/25 ans, prenez-nous au mot. À Lyon, vous êtes 80 000 jeunes entre 17 et 25 ans. Vous avez des idées, des opinions et des projets. Prenez la parole sur tout ce qui vous touche et vous concerne : aménagement et vie de quartier, loisirs, solidarité... Pour être associés aux décisions, mieux vaut s'exprimer directement auprès des institutions. Le dialogue est ouvert ! Pour lancer la concertation, commençons par un concert ! »
Mais pourquoi commencer par un concert ? C'est une question que personne ne se pose. Oui, oui, je suis ronchon et rabat-joie, mais je suis dans la tranche d'âge visée, je dois me montrer concernée. Commencer par un concert (hip-hop, jazz-rap-groove et rock-electro), c'est l'assurance de noyer d'emblée tout le monde dans la fête et le bruit, c'est acheter le jeune peuple par les jeux (le concert est gratuit, il faut retirer des invitations à la mairie), c'est flatter les bonnes consciences (se faire croire qu'on va discuter citoyenneté et solidarité), bref, c'est n'importe quoi. Quant au titre de cette manifestation, faut-il comprendre « accro des mots » ? En tout cas ça ne veut rien dire, ça veut juste montrer que c'est jeune et cool.
J'ai par ailleurs une autre question – si des lecteurs connaissent la réponse –, j'aimerais bien savoir si l'on est citoyen à 17 ans, puisqu'on n'est pas encore majeur.
11:55 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mercredi, 22 mars 2006
Au quatrième top
J'aime bien la discrète fantaisie du site http://www.horlogeparlante.com. Il y a bien une horloge, mais pas parlante. La page est fonctionnelle puisqu'elle donne l'heure exacte. Elle invite pourtant à téléphoner au 36 69 au prix de 1,35 € par appel + 0,34 € la minute pour entendre par téléphone la même heure déjà affichée sur internet.
16:30 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 21 mars 2006
« L'antifascisme ne passera pas ! » (Elisabeth Lévy, 24 avril 2002)
L’information est tombée aujourd’hui comme un couperet, les journalistes en sont tout affolés : tenez-vous bien, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié un sondage récent qui révèle qu’un tiers des Français reconnaissent être au moins un peu racistes.
- Les faits : 24% des sondés ont déclaré être « un peu racistes », en tout un tiers ont répondu être « racistes ». 40% ont par ailleurs affirmé n’avoir aucune attitude raciste. Dans le même temps, l’année 2005 a vu une baisse importante (un tiers) des actes racistes.
- L’interprétation journalistique et de la CNCDH : Rendez-vous compte ! Nous croyions vivre dans un pays parfait plein d’amour et de tolérance, et que voit-on ?, nos compatriotes sont d’horribles racistes, et qui osent l’avouer encore ! Tout cela est très inquiétant et nécessite immédiatement une meilleure éducation des esprits, notamment grâce à des actions telles que cette « semaine d’éducation à la citoyenneté contre le racisme » dans les établissements scolaires. Le Figaro nous apprend que la Commission déplore un « essoufflement dans la mobilisation du public » contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.
- Suggestion d’autre interprétation (qui va me valoir quelques foudres, je le sens) : l’antiracisme est véritablement le fléau du XXIe siècle, comme le disait récemment Finkielkraut, et les Français ne font que ressentir les effets de l’endoctrinement. Ils se sentent racistes alors qu’il y a quelques années ils avaient juste l’impression d’aimer un peu leur pays et leur culture. Aujourd’hui ils ont le sentiment que c’est suspect, qu’ils ont quelque chose à se reprocher, qu’ils doivent être racistes, au fond. Ils préfèrent dépenser leur énergie à autre chose que « la mobilisation contre le racisme », non sans quelque secrète culpabilité.
NB : Il est bien évident, mais nécessaire de rappeler, que je n’excuse ni ne cautionne les actes racistes. Il paraît déjà que je serais homophobe, n’en rajoutons pas.
17:50 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
samedi, 18 mars 2006
Follement original
17:50 Publié dans Enseignes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 17 mars 2006
Évidences
- Faire réparer un appareil est moins cher que d’en racheter un neuf.
- Faire allaiter un veau par sa mère est moins cher que de le nourrir au lait lyophilisé.
- Il faut un homme et une femme pour faire un enfant.
- Un cadeau est gratuit.
- On construit un bâtiment pour qu’il existe encore dans un siècle.
- Les fraises du Chili coûtent plus cher que les fraises du village d’à côté.
- Le professeur en sait plus que ses élèves.
- Quelques poignées de manifestants gauchistes ne sauraient faire le poids face aux forces de l’ordre d’une nation de 62 millions d’habitants.
- Une boulangerie vend du pain artisanal.
- L’humilité est plus admirable que l’arrivisme.
13:45 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mercredi, 15 mars 2006
Air du temps
Il existe à Lyon un endroit qui condense admirablement le fake new world. Il s'agit d'un bar qui s'appelle « Qu'importe l'ivresse », ce qu'il faut bien entendu lire de façon implicite comme « pourvu qu'on ait le flacon ». C'est semble-t-il exactement ce qu'ont voulu les créateurs du lieu, car à y jeter un œil on aperçoit un intérieur aussi sophistiqué que sans âme, lounge, design, hype, où l'on vient sans doute boire des softs. L'ivresse, la vie, le bruit des conversations, sont dédaignés au profit des apparences d'un flacon rutilant où l'on vient s'ennuyer en compagnie de son carnet d'adresses. C'est triste.
11:40 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 13 mars 2006
Vivre dangereusement
Je veux manger des pâtes au pesto.
Sur le couvercle du bocal de pesto est inscrit : « Votre sécurité est garantie par le clic à l'ouverture ».
J'ouvre.
Clic.
Ouf !
10:45 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


