mercredi, 31 mai 2006
Au bonheur des femmes
Le Virgin Megastore exhibe dans l'entrée deux présentoirs de livres intitulés « Au bonheur des femmes ». Je m'approche... Chaque présentoir a deux côtés, ce qui permet d'illustrer en tout quatre thèmes à travers « une sélection livre - vidéo - papeterie exclusivement féminine ». Le premier est franchement amusant, car on y trouve d'un côté tout un tas de bouquins pour maigrir (Le Régime brûle-graisses, Hanches & fesses parfaites, etc.), et juste de l'autre côté un copieux étalage de livres de recettes bien sucrées et bien grasses (crêpes, cakes, tatins, crèmes et flans sont à l'honneur). Le deuxième présentoir est consacré d'un côté au bien-être (thé, huiles essentielles...), et de l'autre côté à la psychologie de bazar. J'ai noté des titres comme Gérer ses émotions, L'Estime de soi, S'affirmer et oser dire non, La Force est en vous, Mieux vivre, Plaidoyer pour le bonheur (par un inévitable moine bouddhiste), Bienheureuse infidélité (quelle émancipation !), et mon préféré d'entre tous : La Communication non-violente au quotidien (?!?).
Après avoir pris plein de notes dans mon petit carnet sous les regards interrogateurs des vigiles, je me suis rendue compte qu'il y avait un petit prospectus sur cette sélection. Dedans, j'ai trouvé des descriptions de DVD sur les massages et le résumé d'une série télé française inconnue, Clara Sheller : « Clara Sheller a révolutionné la fiction TV hexagonale. Clara est une pimpante trentenaire célibataire enceinte de son colocataire homo ! Rien que du bonheur. » (lumineuse audace des scénaristes français que le monde entier nous envie !).
Dans le prospectus la sélection de bouquins et DVD est répartie selon les catégories suivantes :
- « Elle est pas belle la vie ? »
- « Ca va être sa fête ! », sur le sexe évidemment, avec entre autres un bouquin qui nous apprend que « L'amour n'est pas un don du ciel, mais un mécanisme du cerveau. Une meilleure connaissance des mécanismes biologiques du corps humain peut, en effet, vous aider à comprendre la psychologie des sentiments et vous guider dans votre quête du grand amour ». Avec un programme pareil, j'achète tout de suite !
- « Moi et mon jules »
- « Enfin un peu de temps pour moi ! »
- « Je vais bien, tout va bien... »
- « C'est décidé, j'arrête de grossir ! »
- « Combien ça pèse une calorie ? »
- « Moi & moi-même »
- « Quelqu'un s'énerve ici ? »
- « J'me fais plaisir »
Pourtant j'aime bien acheter des chaussures et du rouge à lèvres, mais parfois je me demande si je suis une vraie femme...
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lundi, 29 mai 2006
Le yaourt diabolique

18:05 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 28 mai 2006
Sœur Emmanuelle
Juste avant la remise de la Palme d'Or, c'est Emmanuelle Béart la Très-Pure qui y va de son petit couplet sur la grandeur du cinéma et la beauté du festival, la voix tremblante d'émotion comme il se doit. Elle a une manière assez drôle de réciter n'importe quoi, mais comme elle n'est pas n'importe qui, elle y met le ton ampoulé qui sied à une comédienne de son rang. Avant de passer la parole à Wong Kar-Wai, elle a donc solennellement déclamé :
« [Cannes], cette république du cinéma idéal : égalité des œuvres, fraternité culturelle des artistes, liberté totale des imaginaires. »
Je passe sur la guimauve de la fraternité des artistes et sur la tarte à la crème de la liberté des imaginaires pour m'attarder un peu sur l'égalité des œuvres, superbe négation de la remise des prix à laquelle Béart est elle-même en train de participer. Car décerner des prix et distinguer un film en lui donnant la Palme, ce n'est certainement pas affirmer l'égalité des œuvres, et heureusement ! Le jour nous guette-t-il où l'on ne dressera plus de palmarès parce que plus personne n'aura le droit prétendre qu'un film est meilleur qu'un autre ?...
22:30 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 26 mai 2006
Promenade
On se fait déjà agresser toute la semaine par des machines qui parlent (« Je rends la monnaie »), des étiquettes à bagages qui parlent (« Ne m'oubliez pas ! » sur toutes les portes intérieures des trains), des voitures qui parlent (« Moi je me gare partout, et vous ? »), eh bien même la paisible promenade des jours fériés au parc public doit maintenant subir de tels assauts. Ainsi est-ce un grand arbre qui m'apostropha hier du haut de sa pancarte que je cite exactement et dont je garantis l'authenticité (quoique j'aie toujours du mal à y croire...) :
« Dans ce cadre agréable, respire mon oxygène pour ton bien-être et respecte-moi pour que nous puissions durer ensemble. »
17:55 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 24 mai 2006
Sans commentaire
Dans Le Figaro de ce jour, un article de Marie-Estelle Pech :
Les « people » au programme des collèges et des lycées
Une autobiographie de chanteur étudiée en cours de français, une actrice sollicitée pour lire du Racine, des romans de Marc Levy décortiqués comme du Victor Hugo... Les célébrités ont la cote auprès de certains profs.
(...) Cette année, huit enseignants du renommé lycée Joffre à Montpellier (Hérault) ont décidé de faire (...) plancher leurs élèves de première sur la récente autobiographie à succès du chanteur Hervé Vilard, L'Âme seule, où ce dernier raconte son passé d'enfant confié à l'assistance publique. Au risque de déconcerter les examinateurs, cet ouvrage sera même présenté à l'oral du bac par les élèves de Joffre dans quelques semaines ! « Ce livre a de vraies qualités littéraires », justifie Patrick Loubatière, le professeur de français à l'origine de cette initiative. L'ancien chanteur de charme des années soixante-dix a été invité à discuter de son œuvre avec les lycéens, la semaine dernière.
À Toulouse, lundi, c'est l'actrice Carole Bouquet qui est venue « transmettre sa passion » pour la littérature, et notamment pour la Bérénice de Racine, aux lycéens d'un quartier sensible. « Elle m'a donné envie de découvrir le théâtre », a lancé Hinda, impressionnée de rencontrer l'actrice.
Jeune enseignante de français dans un collège des Yvelines, Laurence ne s'est toujours pas remise des conseils de son inspecteur pédagogique l'an dernier : faire étudier Le Voile noir d'Anny Duperey, dans lequel l'actrice raconte la disparition tragique de ses parents. Les romans à l'eau de rose de Marc Levy, pourtant régulièrement éreintés par la critique littéraire, ont bonne presse auprès de certains inspecteurs. « On nous encourage à étudier des œuvres de faible niveau. Comme si nous étions là pour faire stagner les élèves », s'agace Laurence.
Au lycée Joffre de Montpellier, Patrick Loubatière se défend de tout nivellement par le bas. Selon lui, celle d'Hervé Vilard illustre parfaitement le thème de l'autobiographie, au programme du bac de français. La plupart des élèves lui ont confié se sentir davantage concernés par ce livre que par les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, « qui leur est tombé des mains », précise-t-il, même dans ce lycée réputé pour ses bons résultats au bac. Il est « plus facile de s'identifier à Hervé Vilard qu'à Montaigne parce qu'il est plus proche de nous, confirme Agathe, élève de première S. Son passé d'orphelin est touchant. C'est un homme très simple, pas intimidant, à qui on a pu poser plein de questions. » (...)
11:45 Publié dans Allons plus loin !, Langue, Mômes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
lundi, 22 mai 2006
Le pictogramme mystérieux
Une personne a pensé que ce panneau était nécessaire. Une personne l'a dessiné. Une personne a dit : « C'est parfait, envoyons-le chez le fabricant ». Une personne l'a fabriqué. Une personne a demandé son accrochage dans la rue. Une personne l'a accroché à un poteau. (À chaque étape ils s'y sont d'ailleurs sûrement mis à plusieurs.)
Pourtant sa signification me reste obscure, ainsi qu'à tous les gens à qui je l'ai montré...

17:10 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
jeudi, 18 mai 2006
Une Marseillaise pour les Bisounours
Cela fait un moment qu'on entend parler de projets de réécriture de La Marseillaise, principalement incriminée pour son étendard sanglant, et le sang impur des égorgeurs de fils et de compagnes. Yannick Noah s'est adonné à l'exercice en 1997 avec une rare mièvrerie. Une association existe même qui invite à écrire « Une Marseillaise pour les enfants » (c'est nom de l'association). Qu'on se pose la question de la pertinence d'un hymne né d'un contexte radicalement différent de celui dans lequel nous sommes, cela pourrait être légitime s'il y avait un semblant de débat. Mais non ! Il s'agit de partir du postulat que La Marseillaise = violence = pas bien, et que la seule chose à proposer en remplacement, c'est de la niaiserie confite. Au lieu d'écrire un hymne pour les Français d'aujourd'hui, on écrit un hymne pour les Bisounours de toujours – est-ce à dire que les deux sont synonymes ? Heureusement il y a eu des voix discordantes pour le dénoncer.
Pour exemple le texte d'un certain Daniel Pasquier présenté par « Une Marseillaise pour les enfants », emblématique de cette pensée magique qui veut que ne pas parler du Mal permet de l'éradiquer :
« Allons enfants de la planète
Le jour de fête est arrivé !
Oublions nos vieilles conquêtes
Plus de guerre, plus de cruauté ! (*)
Entendez-vous alentour
Marcher ces soldats de naguère
Qui sont devenus troubadours
Et qui ne chantent plus jamais la guerre ?
Plus d'armes citoyens ! (*)
Rompez les bataillons !
Dansons ! Chantons !
D'une voix pure
Nos cœurs à l'unisson !
Les hommes n'ont qu'une seule terre
Qu'un grand village à partager
Que l'on brûle ces vieux chants de guerre
Pour apprendre ceux de l'amitié
Pourquoi encore tant de frontières
Inutiles remparts meurtriers
Qu'un jour dans tous les dictionnaires
Le mot guerre n'ait plus droit de cité. »
---
(*) Je savoure ces vers ambigus, vers dans le fruit de cette belle chanson toute lisse, puisqu'il suffit de prononcer "pluss" au lieu de "plu" pour ruiner le propos.
16:30 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mardi, 16 mai 2006
Ainsi se tut Zarathoustra
15:20 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 13 mai 2006
Vivre dangereusement (II)
Je suis bien contente d'avoir acheté ces bas sur l'emballage desquels on peut lire :
« Des tests de résistance réalisés par 353 femmes (tous profils confondus) prouvent la meilleure résistance de ces bas dans des conditions extrêmes (shopping, bureau, griffes de chien...) ». Les conditions non extrêmes étant, je suppose, quand ils sont rangés dans le placard.
15:45 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
vendredi, 12 mai 2006
Personnalise ta personnalisation !
L'inventivité humaine est sans limite : il existe des bijoux pour antenne de téléphone portable.
18:15 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

