mercredi, 30 août 2006
Dédicace aux thuriféraires du relativisme
« Il y a dans l'art un point de perfection, comme de bonté ou de maturité dans la nature. Celui qui le sent et qui l'aime a le goût parfait ; celui qui ne le sent pas, et qui aime en deçà ou au delà, a le goût défectueux. Il y a donc un bon et un mauvais goût, et l'on dispute des goûts avec fondement. »
La Bruyère
15:20 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note
lundi, 28 août 2006
Un endroit branché

Épicerie alternative, service continu, produits de série.
14:00 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
dimanche, 27 août 2006
Un homme engagé
Le nouvel album de Vincent Delerm ne sortira que dans un mois, mais on peut déjà en écouter quelques extraits. C'est l'occasion d'admirer le courage de cet homme, qui n'a pas hésité une seconde à mettre sa carrière en péril en écrivant une chanson pour dénoncer la France pétainiste, dont la menace insidieusement omniprésente mérite une vigilance citoyenne de tous les instants. Voici le texte.
Vincent Delerm, Sépia plein les doigts
Tiens tiens
Les pensionnats
Les chanteurs à croix de bois
Les taloches, les coups de trique
La IIIe République
Tiens tiens
Les belles images
Les enfants du marécage
Le vrai goût des vrais fruits
Dans une vraie épicerie
Tiens ça repart en arrière
Noir et blanc sur poster
Maréchal nous voilà
Du sépia plein les doigts
À quoi elle pense
En s’endormant
Cette jolie France
Confiture bonne maman
Elle pense pareil
Pareil qu’hier
Avant Simone Veil
Avant Badinter
Tiens tiens
On respirait
Du jasmin, du muguet
Et l’air à plein poumon
Dans les mines de charbon
Les chansons d’avant guerre
Ça on savait les faire
Viens poupoule et pépette
Alors on se fait pouet pouet
Tiens ça repart à l’envers
Porte-plume d’écolière
Maréchal nous voilà
Du sépia plein les doigts
À quoi elle pense
En s’endormant
Cette jolie France
Tartelettes bonne maman
Elle pense pareil
Pareil qu’hier
Avant Simone Veil
Avant Badinter
Tiens tiens
Tiens tiens
Tiens tiens
15:45 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
mercredi, 23 août 2006
Dédicace à Christine Angot
« La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point. »
La Bruyère
16:25 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 22 août 2006
Dédicace aux journalistes
« Le devoir du nouvelliste est de dire : "Il y a un tel livre qui court, et qui est imprimé chez Cramoisy en tel caractère, il est bien relié et en beau papier, il se vend tant" ; il doit savoir jusques à l'enseigne du libraire qui le débite : sa folie est d'en vouloir faire la critique.
Le sublime du nouvelliste est le raisonnement creux sur la politique.
Le nouvelliste se couche le soir tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, et qu'il est obligé d'abandonner le matin à son réveil. »
La Bruyère
16:40 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Dédicace aux "intermittents"
« Certains poètes sont sujets, dans le dramatique, à de longues suites de vers pompeux, qui semblent forts, élevés, et remplis de grands sentiments. Le peuple écoute avidement, les yeux élevés et la bouche ouverte, croit que cela lui plaît, et à mesure qu'il y comprend moins, l'admire davantage ; il n'a pas le temps de respirer, il a à peine celui de se récrier et d'applaudir. J'ai cru autrefois, et dans ma première jeunesse, que ces endroits étaient clairs et intelligibles pour les acteurs, pour le parterre et l'amphithéâtre, que leurs auteurs s'entendaient eux-mêmes, et qu'avec toute l'attention que je donnais à leur récit, j'avais tort de n'y rien entendre : je suis détrompé. »
La Bruyère
11:05 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 août 2006
La boule à neige
En vacances dans une lointaine campagne, j'ai pris le Giratoire du Littoral devant le Super U les-nouveaux-commerçants pour aller à l'office de tourisme d'architecture triangulaire situé au milieu de nulle part le long de la route nationale où j'ai consulté le Point Info Interactif. Je suis passée devant une école Nicolas Hulot. J'ai respecté « l'interaction de l'homme avec son environnement » comme m'y enjoignaient de petits écriteaux semés le long de « cheminements piétons » en jetant mes déchets dans des poubelles imprimées « Vacances propres ». Finalement je n'ai pas payé 5 € pour avoir le droit de passer sous un dolmen. À la gare, pour le retour, j'ai feuilleté un magazine qui se demandait « Faut-il avoir peur de l'aspartame ? » et j'ai vu des panneaux qui indiquent partout « Attention aux trains ».
C'étaient quand même de chouettes vacances, d'autant que j'ai commencé de lire La Bruyère dont je vous ferai partager quelques extraits au long de cette semaine.
09:30 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
vendredi, 04 août 2006
Bulletin
1 an
188 notes
1922 commentaires
15 jours de vacances
12:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 01 août 2006
Vitrification
Les dictionnaires de toutes sortes semblent être un marché porteur : ils étalent largement leurs titres en très bonne place dans les librairies. Ils se déclinent à l'infini – dictionnaires des synonymes, des rimes, des antonymes, des expressions, mais on voit également fleurir de plus en plus de dictionnaires de mots insolites, de mots oubliés, disparus, inusités, de coquetteries langagières, de particularismes locaux. Je ne sais pas si cela est une bonne nouvelle. D'un côté les gens s'intéressent à la langue française en achetant ces kilos de dictionnaires, mais d'un autre côté une fois qu'un mot est collé dans un bouquin qui le prétend inusité ou saugrenu, c'en est effectivement terminé de son usage. Je contemplais tristement ce rayon entier de mots muséifiés que personne ne songe à revivifier en les utilisant. Une fois mis sous verre, ils sont bien morts et empaillés. Cela est d'autant plus triste qu'il m'est arrivé de trouver en ces pages des mots qui me semblaient courants.
Mais je dois vivre dans un autre monde, qui me fait passer pour une excentrique et une grande intellectuelle auprès de mes semblables (c'est-à-dire des jeunes gens souvent très diplômés) pour avoir prononcé des mots comme « torve » ou « calendes grecques».
Il m'est arrivé deux fois de jouer à un jeu de société, Cranium, qui fait fureur chez les gens de mon âge. Le jeu promet que « vous allez utiliser votre cerveau comme jamais vous ne l’auriez imaginé ». Certaines questions portent sur le vocabulaire : un mot est proposé avec quatre définitions possibles, il faut trouver quelle est la bonne. Ces énigmes redoutables portent sur des mots tels que « cétacé » ou « suranné ». C'est un jeu pour adultes...
15:00 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

