lundi, 25 septembre 2006
Barbarie douce
Invitée pour l'apéritif chez un couple trentenaire parent d'un enfant de deux ans et demi, je me retrouve monopolisée par celui-ci pour coller des gommettes et lire des histoires. Le garçon, prénommé Tom (on sait ce que j'en pense), est bavard et à l'aise, mais quelque chose se remarque : il parle de lui-même à la troisième personne. « Tom va manger, Tom est assis dans son fauteuil, Tom aime bien les gommettes », etc. Je fais mine de m'étonner auprès de la mère : « C'est bizarre, il parle de lui à la troisième personne... », espérant instiller chez elle ne serait-ce qu'une pointe de doute – et voici qu'elle me répond du tac-au-tac et avec aplomb : « Oui c'est normal, tu sais, les enfants ne comprennent pas "je" et "tu", c'est pourquoi il faut leur parler à la troisième personne ».
Il me semble au contraire que les enfants sont des gens comme vous et moi – je veux dire, nous sommes de la même engeance ! – et cette façon de les regarder comme une espèce à part me rappelle de judicieuses réflexions de Jean-Pierre Le Goff dans cette émission (à partir de la vingtième minute) sur une nouvelle barbarie douce à l'œuvre dans les rapports que nous entretenons avec les enfants.
09:30 Publié dans Mômes | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note


Commentaires
Etonnant de trouver ici une référence à l'auteur du bréviaire de la nouvelle sociologie de gôche...
Après le casque et le rhume, on continue à s'étonner des références de Polyphème.
Je ne m'en plains pas.
Ecrit par : Le Rhéteur | lundi, 25 septembre 2006
C'est que je ne suis pas sectaire, sans doute.
Ecrit par : Polyphème | lundi, 25 septembre 2006
Et donc, Mauricette, elle se dit comme ça, il y a longtemps qu'elle n'a pas écrit un commentaire sur le blog de Polyphème. Et elle s'en va.
Ecrit par : Mauricette Beaussart | lundi, 25 septembre 2006
Je n'en doutais pas.
Ecrit par : Le Rhéteur | lundi, 25 septembre 2006
Personnellement je ne parlerais pas à un petit à la troisième personne, je ne l'ai jamais fait avec le mien, de même que j'ai toujours trouvé absurde la façon qu'ont certaines personnes de "bêtifier" en leur parlant du chien-chien, ou pire du ouah-ouah, toutes ces conneries. Avec le mien j'ai toujours parlé aussi normalement que possible, en faisant juste attention à parler assez clairement et simplement, un peu comme on le fait quand on s'adresse à un étranger qui risque de ne pas bien comprendre. Quant à la capacité de décodage des enfants, votre message me rappelle cette anecdote du temps où mon fils était petit (vu l'apparte où ça se passait, il avait moins de 5 ans). Une fois que nous déjeunions tous les deux, et où j'avais branché France-Culture, j'avais été frappé de constater à quel point il pouvait être attentif à ce qui se disait, quand un journaliste avait prononcé je ne sais plus quelle phrase contenant l'adjectif "goethéen", et que j'ai entendu tout d'un coup mon petit me demander "Papa, qu'est-ce que ça veut dire, goethéen?" Je ne sais plus ce que j'avais répondu, mais je n'avais pas pu m'empêcher d'éclater de rire.
Ecrit par : Ph. B | lundi, 25 septembre 2006
Ah, le Rhêteur m'a volé ma réplique !! ;-)
(et je m'en doutais aussi...)
Le livre de Le Goff est assez juste... Mais faiblit un peu après la vingtième minute, quand la démonstration commence à tourner en rond.
Je me souviens notamment de pages bien senties sur la façon dont nous avons tous, petit à petit, intégré en nous la barbarie, à l'école ou au travail.
Et maintenant, donc, nous la transmettons... A la troisième personne.
Ecrit par : prixdeflore2006 | lundi, 25 septembre 2006
Mais vous n'êtes pas un peu fou de faire écouter "France-Culture" à un enfant de cinq ans !? Je peux vous demander sans être indiscret ce que ce pauvre môme est devenu, monsieur Billé ? Instituteur ?
Ecrit par : Lapinos | lundi, 25 septembre 2006
Le Goff ne restera probablement pas au panthéon de la sociologie (à la droite du père Durkheim), mais ses analyses ne sont pas malhabiles.
Il jouit d'une certaine influence du fait de son engagement plus que de son intérêt scientifique, c'est vrai aussi.
Il faut savoir faire des choix : on cherche ou on milite. Ne pas savoir de quel côté il se situe est la seule chose qu'on puisse lui reprocher.
Ecrit par : Le Rhéteur | lundi, 25 septembre 2006
Ce n'est pas étrange qu'un enfant de deux ans et demi parle de lui à la troisième personne (s'il forme à cet âge des phrases compréhensibles et syntaxiquement correctes, c'est déjà bien). Que ses parents le confortent dans cet usage et en tirent un impératif de modèle linguistique, cela est plus inquiétant.
Je n'ai pas écouté l'émission en question, mais la "barbarie douce" serait cela : emprisonner l'enfant dans ce qu'il a de plus naturel, spontané, et trouver cela bel et bien.
Ecrit par : paratext | lundi, 25 septembre 2006
C'est curieux, j'avais justement lu le contraire : qu'il valait mieux éviter les "Tom a bien dormi" et aussi, surtout les "on a bien dormi, on est grognon etc" de même que les "Maman est fatiguée, Maman est là" justement pour faciliter l'apprentissage des trois personnes. Cette dame et moi n'avons pas les mêmes sources visiblement. Ou alors c'est un sujet de débat en pédagogie comme les méthodes d'apprentissage de la lecture !
Le plus simple c'est d'expliquer qu'il n'est pas poli de parler de soi, bien sûr, quelle que soit la personne.
Ecrit par : Nadine | lundi, 25 septembre 2006
-Il est formidable !
- Qui ça ?
- Ben... vous
- Ah, lui !
Ecrit par : fromageplus | mardi, 26 septembre 2006
[Un cadeau à la première personne qui me donnera la source de ce dialogue]
Ecrit par : fromageplus | mardi, 26 septembre 2006
C'est peut-être aussi le signe que l'on est sur la voie pour devenir petit commerçant. On commence à parler de soi à la troisième personne et on finit par parler de tout le monde à la troisième personne...
- Et avec ça, il prend aut'chose ?
- Merci, non.
- Alors on le remercie le p'tit monsieur, il passe une bonne journée.
Ecrit par : Le Rhéteur | mardi, 26 septembre 2006
il la ferme une seconde, le petit donneur de leçons du secteur assisté?
y se rend pas compte, le p'tit de monsieur du secteur assisté à quel point les petit commerçants en ont marre de payer pour se faire cracher dessus...
Ecrit par : Rivarol | mardi, 26 septembre 2006
Ouais, y a un moment où ils parlent comme ça, les petits. En tout cas le mien l'a fait. Quand ils commencent à séparer les personnes les unes des autres, instinctivement on a tendance à utiliser la troisième personne, pour qu'ils apprennent les noms... Ca paraît logique, "il", "je" et "tu" c'est abstrait quand on en est à apprendre "papa", "maman", "Jean", "Jean aussi, mais un autre Jean", etc... Ensuite les 3 personnes, le singulier, le pluriel viennent naturellement. Pas de quoi en chier des théories.
Vous avez raison de souligner qu'il ne faut pas se mettre au niveau de l'enfant, sans quoi il ne progresse pas. Il faut se mettre un peu en avant. Mais si vous croyez qu'un enfant de 2 ans et demi est "une personne comme les autres"... Enfin je ne doute pas que les vôtres sauront conjuguer tous les verbes à cet âge...
Ecrit par : Bah | mardi, 26 septembre 2006
Mais enfin, je n'ai jamais dit ça. Au fond, nous sommes d'accord. J'ai un petit cousin à qui ses parents parlaient encore à la troisième personne même quand il avait quatre ans, le gamin était perdu, ça se lisait dans ses yeux. Il a près de dix ans aujourd'hui et est toujours perturbé. Je maintiens que les enfants sont des gens, et qu'en les regardant comme des sortes d'animaux bizarres on ne les aide pas vraiment. Dire qu'un enfant « ne comprend pas "je" et "tu" » comme si c'était une fatalité durable, c'est grave. Ce n'est pas le fait de s'adresser à lui à la troisième personne qui est inquiétant, mais cela révèle parfois une manière qu'ont les parents de regarder l'enfant qui peut l'être.
Ecrit par : Polyphème | mardi, 26 septembre 2006
Astérix, non, Fromage ?
Ecrit par : Nadine | mardi, 26 septembre 2006
Vi, c'est César, non ? J'ai gagné quoi Fromage ?
Ecrit par : Artemus | mardi, 26 septembre 2006
F+> un album d'Astérix (mais lequel?) où un courtisan parle à Jules César
Ecrit par : Stéphane | mardi, 26 septembre 2006
Bah, je suis d'accord, les mères aujourd'hui, ainsi que les pères-poules, devraient cesser de théoriser à gogo sur l'éducation des enfants et la pédagogie, c'est une question de bon sens.
Celui qui est capable de dresser un chien est aussi capable d'élever un enfant.
Ecrit par : Lapinos | mardi, 26 septembre 2006
En effet, c'est un dialogue célèbre entre Jules César et un patricien dans un album d'Astérix, mais je veux le nom de l'album !
Ecrit par : fromageplus | mardi, 26 septembre 2006
Vous n'avez pas peur de recevoir les félicitations d'un rhéteur vous aussi, Fromage, avec de telles références ?
Ecrit par : Lapinos | mardi, 26 septembre 2006
Vous avez raison, lapin. J'ai un petit voisin de presque trois ans qui est vraiment très bien élevé et heureux de vivre, un rêve. Sa mère est dresseuse de chiens (enfin il paraît qu'il faut dire éducatrice canine) et je suis certaine qu'il y a un rapport avec sa réussite comme mère.
Ecrit par : Nadine | mardi, 26 septembre 2006
Ouhlala, j'ai froissé la sensibilité d'un défenseur du commerce de proximité !
Il m'en veut pas le p'tit mosieur j'espère.
Ecrit par : Le Rhéteur | mardi, 26 septembre 2006
Lapin, je sais déjà tout le mal que vous pensez d'Astérix. Et trouve bien dommage que vous snobbiez les traits d'esprit de Goscinny qui constellent ses péripéties. Sauf votre respect, et malgré tout le charme de ses histoires, la préférence que vous réservez aux aventures du Président du Club des Rantanplan – par exemple – me semble relever davantage de la coquetterie d'esthète-à-posture que du goût pour les bons mots qui vous caractériserait davantage.
Ecrit par : fromageplus | mardi, 26 septembre 2006
Il y a quelque chose qui caractérise plus Lapinos que la "coquetterie d'esthète-à-posture"?
Ecrit par : Gloups | mardi, 26 septembre 2006
Il me vient un doute affreux:Le rhéteur, ce ne serait pas l'exellent Charles Legrand qui aurait décidé de se foutre gentiement de notre gueule?
J'ouvre le débat
http://pour-un-autre-monde.blogspot.com/
Ecrit par : Rivarol | mardi, 26 septembre 2006
Un garçon de trois ans a acheté une voiture décapotable sur eBay pour 9000 livres – comme quoi ils se débrouillent à cet âge-là !
http://uk.news.yahoo.com/26092006/80-132/three-year-old-buys-pink-convertible-ebay.html
Ecrit par : Polyphème | mardi, 26 septembre 2006
D'un autre côté, je pardonne cet achat à un enfant...
@ Rivarol : N'avez rien d'autre à dire pour tenter ainsi le discrédit maladroit ?
Ecrit par : Le Rhéteur | mardi, 26 septembre 2006
Mais je ne plaisante pas, si ce n'est pas vous, alors ce type vous plagie!
Faites quelque chose! Je trouve que ce n'est pas charitable de sa part, et je le dis comme je le pense.
Ecrit par : Rivarol | mardi, 26 septembre 2006
Ne déformez pas mes propos, Nadine, je n'ai pas dit qu'il était nécessaire de posséder tout un chenil pour savoir élever des enfants. Un seul chien suffit. Laissez la pédagogie aux petits rhéteurs, voyez plutôt ce qu'elle a engendré en soixante ans, cette recrudescence affolante de supporteurs de football, de lecteurs de bédés de trente balais, d'instituteurs à la syntaxe bancale…
Ecrit par : Lapinos | mardi, 26 septembre 2006
Dites-moi Lapinos, vous cherchez un ami ou vous êtes tombé amoureux de moi ? Parce que depuis quelques temps, pas un seul de vos messages est exempt du mot "rhéteur". Rhéteur ceci, rhéteur cela. Je sais que vous existez, pas la peine d'essayez d'attirer mon attention.
Ecrit par : Le Rhéteur | mardi, 26 septembre 2006
Je ne déformais rien, je racontais une anecdote vraie de vraie. Ce n'est pas dans les journées perdues pour toujours à l'IUFM qu'on m'a appris le moindre truc qui puisse me servir avec mes enfants, alors que son CAP de dresseuse de chiens doit lui servir tous les jours avec son fils. Une des choses les moins à la mode en pédagogie moderne est le conditionnement, or les dresseurs de chiens n'ont pas perdu de vue que c'est quand même bien utile. Je suis bien contente d'avoir été conditionnée à dire merci avant même d'éprouver de la gratitude, par exemple, ou de savoir mes tables de multiplications.
Ecrit par : Nadine | mardi, 26 septembre 2006
C'est la contrainte sous toutes ses formes dans l'instruction qui est refusée par les pédagogos. Il faut motiver les élèves, monter des projets, c'est-à-dire faire de ces gamins des adultes avant qu'il n'en soit réellement temps.
C'est contre productif et malhonnête : laissons-leur le bénéfice de l'enfance. Ils ont tout à fait le droit de ne pas aimer ce qu'ils font à l'école, mais c'est notre rôle de les contraindre à le faire. Chacun à sa place.
(Et tenir une classe turbulente en essayant d'emporter l'assentiment de tous à ce que l'on est en train de faire est une illusion de vieux libertaire qui n'enseigne plus).
Ecrit par : Le Rhéteur | mercredi, 27 septembre 2006
"C'est la contrainte sous toutes ses formes dans l'instruction qui est refusée par les pédagogos."
Bin alors...Qu'est-ce qui vous arrive?
Ecrit par : Rivarol | mercredi, 27 septembre 2006
Le combat contre les rhéteurs et leur propagande est un combat que je mène depuis assez longtemps, depuis l'âge de seize ans (mais je n'ai pas appris à lire ni à écrire à l'école).
Depuis assez longtemps pour savoir que lorsqu'ils ont matraqué cent fois telle ou telle contre-vérité historique à un enfant, il faudra rétablir la vérité historique cent fois (l'histoire est le principal cheval de bataille des rhéteurs, et pour cause, une fois qu'on a effacé la mémoire, on peut tout faire gober à un enfant).
Les instituteurs ont-ils peur de rabâcher leurs sornettes ? Non. Eh bien moi non plus, je n'ai pas peur de rabâcher.
Je ne suis pas assez naïf pour voir le déséquilibre des forces, la puissance de l'Éducation nationale, plusieurs millions de fonctionnaires, des syndicats très bien organisés qui pratiquent l'intimidation. Même sur un sujet apparemment dépolitisé, l'apprentissage de la lecture, le ministre de l'Éducation nationale est incapable d'imposer ses vues. Il fait voter une loi, aussitôt un décret d'application contraire est pris qui annule la loi. Même la politique de "glasnost" du camarade Allègre, ils l'ont refusée comme un seul homme.
Mais combattre n'est pas vain. Lors des dernières émeutes organisées pour tenter de contraindre Villepin-le facho à démissionner, une poignée d'étudiants, de Toulouse je crois, s'est opposée avec succès à la prise en otage de leur fac par une poignée de syndicalistes déterminés. Si cet exemple isolé était un tant soit peu imité, car on ne doute pas que d'autres émeutes seront organisées, cela permettrait de mettre en lumière la tactique trotskiste de ces syndicats d'enseignants et d'étudiants. Organisation d'un vote à main levée. Si le résultat escompté n'est pas obtenu, intimidation des récalcitrants par quelques nervis soi-disant anarchistes, si cette technique-là aussi échoue, on peut subtiliser les extincteurs de la fac pour obliger le recteur à fermer pour raisons de sécurité.
Bien sûr notre petit rhéteur dira que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas comme ça que ça se passe partout, qu'on généralise en disant ça, que ses intentions à lui sont pures, etc.
On connaît cette dialectique par cœur, qu'on ne peut pas imputer à la Révolution les crimes de Robespierre, ni au communisme les crimes de Staline, ni à l'Éducation nationale la violence qui règne dans les banlieues, l'incivisme généralisé, le dégoût pour tout ce qui demande un effort, les facultés de psychologie, de sociologie, d'anglais, d'histoire, de droit, remplies aux trois-quarts de futurs chômeurs…
La seule frustration physique que j’éprouve vis-à-vis de ce petit rhéteur-ci, dont l'argumentaire n'est pas distinct de celui de ses congénères et qu'ils tirent dans les "sciences de l'éducation", excusez du peu, c’est de ne pas pouvoir lui botter le cul. Je trouverai bien un palliatif quelconque à cette frustration.
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 27 septembre 2006
Lapinos, je n'ai que deux mots à vous dire: Bra Vo!
Ecrit par : Rivarol | mercredi, 27 septembre 2006
Brillant discours de lapinos, il faut reconnaître. Dommage que, comme d'habitude, il privilégie l'attitude sur l'efficacité. C'est une tactique typiquement extrême-gauchiste: quand on risque de se retrouver d'accord avec l'adversaire (et comment ne pas être d'accord avec le paragraphe du Rhéteur sur la contrainte à l'école?), on radicalise brutalement le discours.
Le Rhéteur se veut manifestement héritier des "hussards de la République". Le contenu de son enseignement est riche en mensonges, mais là vous l'attaquez sur la méthode, point sur lequel il vous rejoint... Or c'est à l'indigence des méthodes pédagogiques qu'on doit la décadence actuelle, bien plus qu'aux mensonges enseignés.
Mais je devine votre réponse d'idéologue: la méthode fait corps avec le contenu, de manière organique. Je ne crois pas une seconde à ce genre de superstitions.
Ecrit par : Gloups | mercredi, 27 septembre 2006
@ Lapinos : Oh, mais on dirait que j'ai touché un point sensible, ma douce, pour avoir le droit à un si long poulet !
Non, franchement, ma jolie, faut pas essayer de trop rouler des mécaniques, ça en devient risible : le self-made man contre l'Education Nationale c'est mignon comme tout, mais personne n'y croit cinq minutes. Et puis, malheureusement pour toi, la pieuvre totalitaire ne semble pas si terrible que ça. Le bastion des ex-soixante-huitards attardés est tombé depuis longtemps, les "rhéteurs" te surprendraient par leurs méthodes pas si éloignées que ça de ce que tu proposes en bombant ton torse de donzelle et en paradant ici.
C'est ça que j'aime dans Internet : l'occasion donnée à ceux qui ne sont rien de devenir tout pour quelques instants. Mais attention quand même au ridicule (qui ne tue pas, ouf !) : botter les fesses des gens, c'est emballer dans du papier de soie ce que l'on peut lire tout les jours sur Skyblog, ça donne une idée de l'interlocuteur qui, de toutes façons, est bien au chaud chez lui.
Je retourne à mes petites affaires. Bisous, ma belle aux griffes de tigre en papier.
P.S. Je suis preneur d'une autre diatribe (quand tu auras le temps) : les occasions de rire à gorge déployée dans les bureaux de notre université lépreuse ne sont pas légion.
Ecrit par : Le Rhéteur | mercredi, 27 septembre 2006
"l'occasion donnée à ceux qui ne sont rien de devenir tout pour quelques instants."
On reconnait bien là la prose du petit Robespierrot du secteur protégé: l'insinuation et l'insulte gratuite au lieu de l'argumentation.
Moi qui, si j'en juge à la situation qu'il expose, ai socialement mieux réussi que lui, il aurait tenance à me faire gerber, ce rotheur.
Pourquoi ne retourne-til pas sur son blog poster des vidéos Antisémites, sur lesquelles ces amis crient "Sarkosy sale juif"?
Ecrit par : Rivarol | mercredi, 27 septembre 2006
L'Éducation nationale c'est un bloc solidaire, Gloups, même si les syndicats communistes sont minoritaires dans l'absolu, ils sont en tête aux élections et ils indiquent la marche à suivre aux plus mous.
Lorsque vous êtes dans l'Éducation nationale et que vous n'êtes pas d'accord sur les méthodes, vous n'avez pas d'autres choix que de vous démettre, vous coucher ou être un dissident. Le petit rhéteur qui vient jouer ici son rôle de prof modéré n'a pas vraiment la tronche d'un dissident…
Ce qu'il faut c'est faire éclater le bloc. La construction européenne pourrait être un coin, l'harmonisation de la législation européenne en matière scolaire, par exemple. Le modèle allemand du "coupon scolaire" qui permet aux familles de financer l'école dans laquelle ils souhaitent voir leurs enfants scolarisés permettrait de briser ce monopole.
L'argumentaire des rhéteurs est très simple : tous les adversaires de l'Éducation nationale sont des fachistes ou des islamistes (http://institut.fsu.fr/Editions_Nouveaux_Regards/extreme-droite_ecole.htm). Il est vrai que, comparés à ces calomnies, les arguments de notre rhéteur peuvent paraître sophistiqués. Mais, encore une fois, le coup de l'orthographe des poilus est fané comme la rose socialiste de Mitterrand. D'autant plus qu'on a publié récemment force correspondances de guerre qui permettent au grand public de voir que si les poilus étaient éloignés d'avoir l'orthographe parfaite que certains imaginaient peut-être (et qui imaginait ça si ce n'est les nostalgiques chevènementistes des "hussards noirs" ?), du moins ils étaient capables de se faire comprendre de leurs familles, d'être intelligibles en quelques phrases courtes, sans prétendre atteindre la quintessence de la raison raisonnante. Autant comparer les sketches de Djamel Debbouze à ceux de Louis-Ferdinand Céline.
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 27 septembre 2006
"Le bastion des ex-soixante-huitards attardés est tombé depuis longtemps, les "rhéteurs" te surprendraient par leurs méthodes pas si éloignées que ça"
Eh, Rhéteur, nous prenez pas pour des prunes non plus. Le bastion il tient encore très bien, et il demeure le problème n°1 de ce pays. Et sans totalement me déjuger, il y a quand même un lien, si ce n'est organique, en tout cas circonstantiel, entre le républicanisme béat et la déliquescence pédagogique. Vous êtes comme ces figures de romains héroïques défendant les vieilles valeurs républicaines (au sens romain, hein) au milieu de la décadence qu'elles ont contribué à engendrer.
Ecrit par : Gloups | mercredi, 27 septembre 2006
D'accord en gros sur ce diagnostic, et sur le début de solution qui pourrait venir de l'Europe.
Ecrit par : Gloups | mercredi, 27 septembre 2006
Tellement bien au chaud chez eux les mecs des Skyblogs qu'ils se filaient des rencards sur leurs blogues pendant les émeutes dans les banlieues et que le ministère de l'Intérieur a fait interdire leurs sites.
On peut très bien imaginer des blogueurs s'organisant de la même manière en réseau pour contrer les grévistes dans les facultés, encore une fois une trentaine de personnes décidées peuvent suffire. Les rhéteurs contrôlent le choix des profs dans la plupart des facs de lettres et de sciences sociales, mais leur contrôle de la masse des étudiants n'est possible qu'à cause de la placidité ovine de ceux-ci.
L'argument contre les blogueurs bien au chaud chez eux des petits rhéteurs à bout d'arguments qui tiennent eux-mêmes un blogue manque de force de conviction. Dois-je comprendre que vous me défiez sur un autre terrain, monsieur le rhéteur ?
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 27 septembre 2006
Ah, ma bonne Lapinos, cesser donc de jouer les gros bras, sinon je vais m'étouffer de rire !
Vous rêvez d'une coordination virtuelle contre les mouvements estudiantins, et bien retroussez vos manches, on vous regarde.
Quant à vos arguments, on sait ce qu'ils valent : rien ! Ils ne ne sont jamais sourcés. Qu'ils plaisent aux convaincus de la 25e heure comme Rivarol ou Gloups, je veux bien, mais moi, il me faut du buiscuit, du tangible, quelque chose à me mettre sous la dent. Les gens comme vous, qui ont des belles idées toutes faites, mais pas l'ombre d'un argument construit, on les laisse pour ce qu'ils sont : des animateurs de débat de comptoir.
Alors on les lutine un peu, on joue avec. On leur fait bomber le torse, tenir des propos outranciers. Et on se bidonne quand ils viennent proposer des coups de pied au cul qui ne viendront jamais.
On a les petites joies qu'on peut. Mais je dois dire qu'entre les sites de tuning et les interventions de Lapinos ici, internet me permet de faire des pauses agréables entre deux cartons d'archives.
Merci beaucoup ma belle.
Ecrit par : Le Rhéteur | mercredi, 27 septembre 2006
Vas-y, ça outrecuide grave par ici !
Ecrit par : fromageplus | mercredi, 27 septembre 2006
Il est gay le Rhéteur ?
Ecrit par : Artemus | mercredi, 27 septembre 2006
@ Artemus : Désolé, mais je préfère les femmes (déçu ?). Mais devant les colères hystériques lapiniennes, le souvenir d'Eon m'est revenu et je me suis sérieusement demandé si nous n'avions pas affaire avec une donzelle (le côté BHL après son entartage, petits poings crispés et menaces de jouvencelle.
Ecrit par : Le Rhéteur | mercredi, 27 septembre 2006
Il est désarmant celui-ci je dois avouer avec ses amis chartistes, ses arguments sourcés et ses deux cartons d'archives... Mais même le plus idiot des rhéteurs n'en est pas moins nuisible, car entêté à accomplir le programme abscon qu'on lui a fixé, quand il ne prend pas même ce programme pour une vocation.
Je vois bien qu'on s'amuse sur ce blogue de l'irruption d'une telle enclume martelée à coups de sciences de l'éducation et autres bouffonneries pédagogiques pesantes, on s'amuse à lui faire des niches, on essaie de le faire tourner en bourrique, mais tout ça n'est pas si drôle, dans le fond.
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 27 septembre 2006
Sans compter que c'est un antisémite! (voir son blog)
Ecrit par : Rivarol | jeudi, 28 septembre 2006
J'en ai fouillé, des cartons d'archives, je ne me souviens pas y avoir trouvé beaucoup de réalité.
Ecrit par : Gloups | jeudi, 28 septembre 2006
@ Lapinos : Vous tournez à vide ma chérie. AVec Rivarol, vous en êtes à me coller des crimes sur le dos que je n'ai pas commis pour sauver votre face. Pédagogisme de-ci, antisémitisme de-là. Ce n'est pas sérieux et peu digne d'esprits qui se prennent pour brillants...
Victoire par KO, les victimes divaguent sous le choc.
Messieurs (et madame), bonne soirée.
@ Gloups : Si on vous fait chercher la réalité dans un carton d'archives c'est qu'on s'est foutu de vous. Ceci dit, si la réalité existe quelque part, donnez-moi l'adresse j'irai en acheter un ou deux tubes.
Ecrit par : Le Rhéteur | jeudi, 28 septembre 2006
On ne dit pas que tu as commis des crimes, mon petit chéri!
j'ai simplement démontré pour ma part que les imbéciles dans ton genre véhiculent par bêtise et par ignorance des propos et des attitudess Antisemites, comme je l'ai largement prouvé sur ton blog.(CF, pour les curieux, la vidéo qu'a diffusé le "rhéteur" sur Sarkosy, et sur laquelle ses amis crient "Sarkosy sale Juif", et les commentaires qui suivent)
Personne ici ne te prend pour un "criminel", mais en revanche tout le monde est persuadé que tu es un crétin patenté.
http://pour-un-autre-monde.blogspot.com/
Ecrit par : Rivarol | jeudi, 28 septembre 2006
Avec tout ça, on oublie Goscinny ! "Le domaine des dieux" (j'ai vérifié, page 5 de l'édition Dargaud de 1971, je source à mort pour faire plaisir à notre docteur Cottard qui aime tant le buiscuit, le tangible).
Ecrit par : Nadine | vendredi, 29 septembre 2006
Une gommette dans ton ventre.
Ecrit par : Djizus | vendredi, 03 novembre 2006
Les commentaires sont fermés.