samedi, 30 septembre 2006
Yes, ail spik angliche
Les Français n'entendent rien à l'anglais, ça ne date pas d'hier et ça peut donner lieu à d'amusantes farces. Ainsi depuis au moins deux ans, la marque d'aliments pour bébés Bledina diffuse-t-elle des publicités télévisées dont la bande sonore est toujours la même, la chanson « Baby love » de Diana Ross. Petite mélodie entraînante, belle voix féminine, quoi de mieux pour accompagner des images de mères heureuses avec leurs enfants ? Il convient pourtant de s'attarder sur les paroles de la chanson (voici juste le passage qu'on entend dans la publicité) :
« Baby love, my baby love
I need you, oh how I need you
But all you do is treat me bad
Break my heart and leave me sad
Tell me, what did I do wrong
To make you stay away so long? »
Soit :
Mon bébé chéri,
J'ai besoin de toi, ô comme j'ai besoin de toi
Mais tu ne fais que me maltraiter,
Me briser le cœur et me laisser triste
Dis-moi, qu'ai-je fait de mal
Pour que tu restes éloigné si longtemps ?
09:25 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mercredi, 27 septembre 2006
Substitution
Ce n'est pas nouveau de dénoncer la tendance de l'Etat à materner les citoyens, qui ne demandent que ça par ailleurs, mais chaque jour amène son lot de nouveaux exemples et me voici encore atterrée devant une affiche qui vante le 9e Congrès international des Villes Educatrices [la place de l'Homme dans la Cité]. Non mais sans blague, qu'est-ce que c'est, une ville éducatrice ? J'en frémis. Les thèmes de conférences concourent tous à donner l'impression que l'Etat s'est décidément substitué à la famille pour ce qui est de l'éducation.
- Education formelle et non formelle tout au long de la vie (hein ?)
- Rapports humains dans la ville : vivre ensemble, démocratie, égalité (faut-il comprendre que la fraternité est remplacée par le vivre-ensemble, et la liberté sacrifiée au profit de l'intouchable démocratie ?)
- Espaces urbains et temps sociaux : quels enjeux ? (c'est toujours ce genre de phrases qui me donne envie de dire : et ta sœur ?)
- Le petit enfant dans la cité (et ta mère au Prisunic ?)- L'éducation non formelle (re-hein ?)
- Forums des acteurs de la solidarité numérique (oh là là ! Quatre mots magiques sur quatre !)
- etc.
Je recommande une lecture attentive de l'éditorial du maire Gérard Collomb, un sommet de "communication" ainsi qu'en témoigne cet extrait : « L’Education, qui fait de nos enfants les citoyens de demain, est au cœur de ce défi. Être une ville éducatrice, c’est construire une ville équilibrée qui donne à chacune et à chacun les chances de son épanouissement. C’est garantir un cadre et une qualité de vie meilleurs et de s’engager résolument dans une politique de développement durable. »
À lire ce texte on dirait que les enfants sont cueillis au plus jeune âge pour être éduqués par la collectivité sans aucune intervention de leurs parents... C'est peut-être qu'on n'en est pas très loin, en tout cas c'est inquiétant.
17:25 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
mardi, 26 septembre 2006
Et puis quoi encore ?
Au-dessus de chaque caisse du supermarché Shopi, un écriteau demande : «Aidez-nous à lutter contre le vol en montrant vos cabas vides lors de votre passage en caisse » (je cite de mémoire). Les responsables de la communication ont dû penser que poser l'obligation d'ouvrir son cabas est un peu brutal, c'est pourquoi ils ont préféré la déguiser dans une formule où le client participe, est acteur de la vie du magasin. Mais, la question est légitime : en tant que cliente, en quoi suis-je concernée par les problèmes de vol dans ce magasin ? Si je dois surveiller et dénoncer les autres, ils pourraient au moins me payer. Voire, ça donne envie de faucher.
10:45 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 25 septembre 2006
Barbarie douce
Invitée pour l'apéritif chez un couple trentenaire parent d'un enfant de deux ans et demi, je me retrouve monopolisée par celui-ci pour coller des gommettes et lire des histoires. Le garçon, prénommé Tom (on sait ce que j'en pense), est bavard et à l'aise, mais quelque chose se remarque : il parle de lui-même à la troisième personne. « Tom va manger, Tom est assis dans son fauteuil, Tom aime bien les gommettes », etc. Je fais mine de m'étonner auprès de la mère : « C'est bizarre, il parle de lui à la troisième personne... », espérant instiller chez elle ne serait-ce qu'une pointe de doute – et voici qu'elle me répond du tac-au-tac et avec aplomb : « Oui c'est normal, tu sais, les enfants ne comprennent pas "je" et "tu", c'est pourquoi il faut leur parler à la troisième personne ».
Il me semble au contraire que les enfants sont des gens comme vous et moi – je veux dire, nous sommes de la même engeance ! – et cette façon de les regarder comme une espèce à part me rappelle de judicieuses réflexions de Jean-Pierre Le Goff dans cette émission (à partir de la vingtième minute) sur une nouvelle barbarie douce à l'œuvre dans les rapports que nous entretenons avec les enfants.
09:30 Publié dans Mômes | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note
lundi, 18 septembre 2006
Dédicace à Jean-Marc Lalanne
« L'on voit des gens qui, dans les conversations ou dans le peu de commerce que l'on a avec eux, vous dégoûtent par leurs ridicules expressions, par la nouveauté, et j'ose dire par l'impropriété des termes dont ils se servent, comme par l'alliance de certains mots qui ne se rencontrent ensemble que dans leur bouche, et à qui ils font signifier des choses que leurs premiers inventeurs n'ont jamais eu l'intention de leur faire dire. Ils ne suivent en parlant ni la raison ni l'usage, mais leur bizarre génie, que l'envie de toujours plaisanter, et peut-être de briller, tourne insensiblement à un jargon qui leur est propre, et qui devient enfin leur idiome naturel ; ils accompagnent un langage si extravagant d'un geste affecté et d'une prononciation qui est contrefaite. Tous sont contents d'eux-mêmes et de l'agrément de leur esprit, et l'on ne peut pas dire qu'ils en soient entièrement dénués ; mais on les plaint de ce peu qu'ils en ont ; et, ce qui est pire, on en souffre. »
La Bruyère
09:40 Publié dans Lumière | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 17 septembre 2006
Tout à trac
22:00 Publié dans Enseignes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 13 septembre 2006
Exercice de diction
J'ai reçu ma facture d'eau. « La Générale des Eaux », il faut croire que c'était trop facile à prononcer, la compagnie a donc rajouté des hiatus (dont j'ai appris à l'école qu'ils siéent fort peu à la langue française) pour devenir « Veolia-Eau ».
10:10 Publié dans Langue | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
mardi, 12 septembre 2006
Hémiplégie
Discussion politique impromptue aujourd'hui.
Collègue n°1 – Ah au fait, je voulais vous dire, il faut voter PS en 2007 ! Ne vous posez pas de question, votez PS. Il faut d'ailleurs que je le dise à tous les autres, que nous ne refassions pas la connerie de 2002.
Collègue n°2 – Oui, tu as tout à fait raison.
Moi (tâtant le terrain) – En 2002 tu as voté à gauche mais pas PS, c'est ça ?
Collègue n°1 (sur le ton de l'évidence absolue) – Ben oui, j'ai voté PC, je vote toujours PC moi.
Collègue n°2 – Mais pour 2007, il n'y a pas le choix, c'est PS.
La possibilité de voter à droite n'a jamais été envisagée. La possibilité que les interlocuteurs ne votent pas à gauche non plus.
19:00 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note
vendredi, 08 septembre 2006
Le t-shirt imprimé, cette calamité
Il y a un t-shirt imprimé qui fait fureur en ce moment, si j'en crois le nombre de femmes l'arborant que j'ai déjà croisées. C'est un t-shirt noir avec marqué dessus « Fière d'être blonde » ou bien « Fière d'être brune ». Le vêtement présente un double avantage : en plus d'affirmer au monde entier votre parfait mauvais goût, il vous permet également de démontrer sur-le-champ votre absence d'humour caractérisée, puisque, d'après mes observations, seules les blondes portent le t-shirt version blonde, et seules les brunes la version brune.
09:30 Publié dans Fake new world | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mardi, 05 septembre 2006
Mystères
- Sur combien de photos dans le monde apparais-je, en arrière-plan d'un monument ou d'un touriste ?
- Qui achète les disques de Jean-Louis Aubert ?
- Existe-t-il des gens satisfaits de l'utilisation de leur redevance audiovisuelle, qui trouvent que l'argent est bien dépensé et que France 2 est une chaîne qui fait honneur au service public ?
- Pourquoi, dans les magasins de vêtements pour hommes, plus de la moitié des clients présents sont toujours des femmes ?
- Pourquoi une merveilleuse invention telle que la carte bancaire à puce, donc à code, qui marche parfaitement en France, est-elle résolument ignorée dans les autres pays où l'on est réduit à des gesticulations ridicules, à signer des petits papiers, à comparer des signatures, à demander des pièces d'identité, le tout sans exiger de code, ce qui permet à n'importe qui d'utiliser une carte volée pour peu qu'on sache imiter une signature ?
- Que font concrètement toute la journée les gens qui sont « consultants » ?
- Pourquoi les gens descendent-ils dans la rue pour manifester sur de mini-questions (CPE...) tandis que personne ne dit mot au sujet de scandales plus évidents (tyrannie des agences immobilières, attribution de projets architecturaux et urbanistiques au copinage et en dépit du bon sens, etc.) ?
- Le mari de Madonna l'appelle-t-il Louise à la maison ?

