mardi, 31 octobre 2006

Avec des pincettes

La conversation entre collègues tomba hier sur l'histoire de la jeune femme brûlée samedi dans un bus à Marseille. Tout le monde était d'accord pour trouver cela horrible, et c'est pourtant avec moult précautions et circonlocutions introductives que notre collègue Mohammed, celui qui a grandi dans une cité et dont l'élocution s'émaille du fameux "accent banlieue", s'excusa par avance de ce qu'il allait dire – il allait « peut-être paraître hitlérien » (sic) dans ses propos –, mais selon lui : « Il faut que les coupables soient punis ». Il s'enhardit à rajouter qu'« il faut arrêter de trouver des excuses socio-économiques à tous ces délinquants ». Voilà donc les paroles sulfureuses tant redoutées ! Il est véritablement spectaculaire d'observer à quel point, en France, la simple application de la loi est identifiée au totalitarisme. Quelle étrange et funeste tournure d'esprit !

Entre tongs et bottes...

... il devient difficile de se chausser normalement.

lundi, 23 octobre 2006

Question

Il paraît que l'eau passe de l'état liquide à l'état gazeux à la température de 100°C. Pourtant, si l'on place une coupelle d'eau dans une pièce à 20°C, elle est vide au bout de quelques jours : l'eau s'est évaporée alors qu'elle n'a jamais atteint les 100°C. Pourquoi ? Cette question me titille depuis des années, si jamais quelqu'un connaît la réponse...

mercredi, 18 octobre 2006

Leçon d'orthographe

À force de lire les mêmes fautes d'orthographe vingt fois par jour sur des blogs, je suis très énervée. Pardon d'avance pour le ton d'institutrice, mais il me faut faire cette mise au point.

 

- Misogyne, une bonne fois pour toutes, ça s'écrit comme ça. Ce n'est pas difficile à retenir : on écrit "un gynécée", "Doc Gyneco", ce qui permet de se rappeler aisément que -gyne est la partie du mot qui désigne la femme, et qui prend donc le y. Le préfixe mis- se retrouve par ailleurs dans misanthrope, mot que les gens savent généralement écrire sans problème.  

- Un héros, en français, prend un s même au singulier.  

- La pêche, le pêcher (l'arbre) et le péché sont des choses différentes. Pécher (commettre une faute) et pêcher des épinoches sont deux verbes différents.

- Le passé simple de l'indicatif ne demande pas d'accent circonflexe à la troisième personne du singulier pour les verbes avoir et être : il eut, il fut. L'accent circonflexe est nécessaire quand il s'agit d'un imparfait du subjonctif, ou d'un conditionnel passé deuxième forme, beaucoup moins usités.

- Vous dites, vous faites : ces deux formes ne prennent pas d'accent circonflexe.   

 

Relisez-vous et corrigez en rouge dans la marge.  

vendredi, 13 octobre 2006

Miam miam

En ce moment Pizza Hut nous affiche cette photo un peu partout dans la rue, et c'est à se demander qui a bien pu croire un seul instant que ce dégueulage de fromage plastique informatiquement modifié pourrait mettre quiconque en appétit.

medium_pizzahut.jpg

 

jeudi, 12 octobre 2006

Pilori

Il est une catégorie d'individus pour laquelle je propose de rétablir le châtiment d'humiliation en place publique : les conducteurs de véhicules à deux roues particulièrement vrombissants. Ah, pouvoir les vitupérer à coups de tomates blettes !

mardi, 10 octobre 2006

Mon banquier est illettré, ou l'intérêt de l'échange par écrit

Mon banquier porte la cravate à motif sur chemise bleu ciel, la gomina dans les cheveux, la carte de visite énorme – quand il me l'a tendue en me rappelant que sa banque était la meilleure de l'univers car vraiment différente, je l'ai plaisanté : « En effet, votre carte est deux fois plus grosse qu'ailleurs », mais ça ne l'a guère fait sourire. C'est un homme plein d'assurance, bien en société, qui pratique le clin d'œil au client, à l'aise en toutes circonstances. Ayant une question à lui poser concernant un virement mystérieux en ma faveur, je l'ai contacté par courriel. La réponse fait deux lignes et contient le double de fautes. 

« Bonjour,
Votre compte a été débité 2 fois des ces retraits cartes les 2.10 donc re-crédité une fois puisque vous avez retiré les montants de 60 (retrait carte) et 16 euros (paiement magasin)qu'une seule fois.
Cordialement. »

 

lundi, 02 octobre 2006

L'imposture éhontée

Il y avait ce week-end au cœur de Lyon une grande manifestation généreuse et pure pour lutter contre les bombes à sous-munitions : la pyramide de chaussures organisée par Handicap International.

Le samedi après-midi, on pouvait voir ceci :

medium_pyramidecouverte.jpg

 

Le dimanche matin, on pouvait voir cela :  

medium_pyramide.jpg 

La pyramide était donc truquée ! Sans insister sur la bêtise même de la manifestation, qui procède toujours de cette pensée moderne et magique selon laquelle le simple fait de se déclarer solidaire d'une cause suffit à la faire avancer sans aucune action concrète supplémentaire (balancez vos godillots sur le tas, vous voilà un héros – c'est en quelque sorte de l'humanitaire performatif), j'ai été estomaquée, passant là le lendemain, par la présence cette structure métallique en forme d'aveu public. On organise des pyramides de chaussures, mais sans y croire soi-même. L'opération ne pouvant se permettre un échec, c'est-à-dire manquer de dimension spectaculaire, on emploie un trucage grossier afin de s'assurer de sa photogénie. La charité, normalement noble et humble, par définition tournée vers autrui, est ici réduite à une baudruche de narcissisme : il ne s'agit plus de s'engager dans l'action pour une cause, mais seulement de déclarer qu'on dénonce quelque chose et surtout de se regarder faire des déclarations très belles et très justes, en oubliant opportunément l'objet de la cause.

Nous sommes bien malades, vraiment.

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