lundi, 04 décembre 2006
Panem et sexum
Voilà quelques jours qu'une vaste opération consistant à vendre chez les buralistes des préservatifs à 20 centimes* bat son plein [*le prochain que j'entends préciser « 20 centimes d'euro » – comme si l'on n'avait pas changé de monnaie depuis plus de cinq ans – je le pends par les oreilles]. C'est ainsi qu'on a pu voir à la télévision des hommes politiques en costume expliquer, capote à la main, que cela allait permettre de limiter la propagation des maladies sexuellement transmissibles. Outre l'élégance d'une telle scène, je ferais remarquer que l'opération en question s'appelle « Make Love » : être contre les MST, c'est bien, mais surtout surtout, il faut baiser ! Les malheureux qui choisiraient de s'abstenir sont définitivement ringards, vous êtes prévenus. Enfin, tu es prévenu, car l'affiche explique que la vente se fait « chez ton marchand de journaux ». Comprendre : si tu baises, c'est que tu es cool, donc tu es jeune, donc on te tutoie gratis !
À ce sujet je lis dans Valeurs actuelles de cette semaine (dont la nouvelle maquette ressemble à s'y méprendre à celle de Marianne, soit dit en passant...) : « Certains veulent aller plus loin : Reda Sadki, du Comité des familles pour survivre au sida, estime que "pour les séropositifs, le préservatif représente un budget au même titre que le pain" et exige la gratuité. » Mon loyer représente un budget, j'exige la gratuité. Mon chauffage représente un budget, j'exige la gratuité. Mon shampooing représente un budget, j'exige la gratuité... Notre société ne peut décemment s'étonner d'engendrer des revendications aussi saugrenues, suite logique d'une représentation collective faussée de la chose politique.
14:05 Publié dans Allons plus loin ! | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note


Commentaires
Même si cette note n'est pas très gaie, cela fait plaisir de voir enfin (après deux semaines)s'estomper le silence neurasthénique (sic) de ce blog
("voir s'estomper un silence", aïe...)
Ecrit par : Ludovic | lundi, 04 décembre 2006
Merci de ces encouragements, je vais essayer de reprendre ma régularité :-)
Ecrit par : Polyphème | lundi, 04 décembre 2006
Dans le même style l'article qui suit http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article71227.php n'est pas mal non plus.
Ecrit par : Cadichon | lundi, 04 décembre 2006
Dans la même campagne l'article qui suit http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article71227.php n'est pas mal.
Ecrit par : Cadichon | lundi, 04 décembre 2006
Bravo Poly, tout est dit et bien dit.
Ecrit par : Lou | lundi, 04 décembre 2006
Avant tu "baisais pas", tu étais refoulé, maintenant tu baises pas t'es une vieille baderne !
Ah ma bonne dame y'a plus de saison !
Ecrit par : Isabelle | mardi, 05 décembre 2006
De nos jours, on ne prie plus, on exige, sans s'apercevoir que toutes les droits arrachés de cette manière sont précaires et révocables à n'importe quel moment.
[Précaire, du latin jur. precarius «obtenu par prière; donné par complaisance; mal assuré, passager», dér. de precari «prier, demander en priant»]
Alors que la précarité dans le travail est unanimement dénoncée, la précarité en amour est célébrée en tout temps, grâce au préservatif. Il est vrai que faire l'éloge de la fidélité et de l'abstinence pour lutter contre le sida, ça n'est pas très cool.
Ecrit par : Sébas†ien | mardi, 05 décembre 2006
Cette affiche en elle-même ne fait pas spécialement campagne contre les risques de transmission des MST, elle préconise l'usage du préservatif en général. Mais la confusion du cyclope est justifiée par le fait que cette confusion est entretenue par l'administration et les associations, qui prônent en réalité l'usage de la capote anglaise en toutes circonstances, pas seulement en cas de MST.
Ces organes n'ont d'ailleurs réussi à convertir qu'un peu plus de la moitié des "jeunes", d'où ces nouvelles dépenses publicitaires.
Je ne comprends pas la dernière phrase, la "représentation collective faussée de la chose politique". Ça veut dire quoi ?
Ecrit par : Lapinos | mardi, 05 décembre 2006
Je voulais dire qu'on a tendance à se représenter le rôle du politique comme uniquement un distributeur de confort gratuit, à travers moult largesses (au point de réclamer la gratuité du pain !), sans jamais plus penser au bien commun ou à la cité comme cause supérieure aux individus qui la composent.
Euh... suis-je plus claire ?
Ecrit par : Polyphème | mardi, 05 décembre 2006
Vous avez raison, cette campagne-ci n'évoque pas les MST, j'ai confondu car elle a été lancée exactement en même temps qu'un spot télévisé qui dit « J'ai flirté avec toi, nous avons fait l'amour, j'en avais aimé d'autres avant, qui en avaient aimé d'autres qui en avaient aimé d'autres, et toi aussi tu en avais aimé d'autres qui en avaient aimé d'autres qui en avaient aimé d'autres qui avaient le sida », et à la fin le texte s'écrase pour qu'il ne reste que « J'ai flirté avec le sida ». Impression de baisodrome généralisé...
Ecrit par : Polyphème | mardi, 05 décembre 2006
Pour rester dans le thème, une chanson de Brassens méconnue car posthume :
« Chansonnette à celle qui reste pucelle »
Jadis la mineure
Perdait son honneur
Au moindre faux pas
Ces mœurs n'ont plus cours, de
Nos jours c'est la gourde
Qui ne le fait pas.
Toute ton école,
Petite, rigole
Qu'encore à seize ans
Tu sois vierge et sage,
Fidèle à l'usage
Caduc à présent.
Malgré les exemples
De gosses plus ample
Informées que toi,
Et qu'on dépucelle
Avec leur crécelle
Au bout de leurs doigts,
Chacun te brocarde
De ce que tu gardes
Ta fleur d'oranger,
Pour la bonne cause,
Et chacune glose
Sur tes préjugés.
Et tu sers de cible
Mais reste insensible
Aux propos moqueurs,
Aux traits à la gomme,
Comporte-toi comme
Te le dit ton cœur.
Quoi que l'on raconte,
Y a pas plus de honte
À se refuser,
Ni plus de mérite
D'ailleurs, ma petite,
Qu'à se faire baiser.
Certes, si te presse
La soif de caresses,
Cours, saute avec les
Vénus de Panurge,
Va, mais si rien n'urge,
Faut pas t'emballer.
Mais si tu succombes,
Sache surtout qu'on peut
Être passée par
Onze mille verges,
Et demeurer vierge,
Paradoxe à part.
Ecrit par : Polyphème | mardi, 05 décembre 2006
Au moins pendant votre dépression vous êtes passée des Beatles à Brassens… (C'est pas un coup fourré de Muray, au moins ?)
Pardonnez-moi mais je mène en ce moment une petite croisade contre votre ami Fromage, et aussi Sébastien, bref toute la bande dont vous êtes l'héroïne, et je vous mets dans le lot, y'a pas de raison, les femmes sont un peu désormais des hommes comme les autres, parce que vous poussez votre antimodernité un peu trop loin, c'est-à-dire que vous émettez des idées symétriques aux idées modernes qui sont parfois aussi hasardeuses que celles-ci !
Il faudrait nous expliquer ce que la représentation collective vient faire là-dedans. La France est un pays de tradition monarchiste, colbertiste puis jacobin, où depuis très longtemps on attend beaucoup de l'État, voire du chef de l'État, dans des tas de domaines, et ce sytème qui a parfois très bien fonctionné n'est pas en cause. D'ailleurs la volonté de l'État précède le besoin d'aide ou d'assistance des citoyens.
Votre raisonnement est un sophisme, il laisse entendre que la capote et ces campagnes en sa faveur répondent à un besoin de sécurité, alors qu'il n'en est rien, ces campagnes sont l'œuvre d'organismes, d'associations de militants déterminés, j'ose dire que le sida n'a été qu'un prétexte pour les développer.
La preuve de votre sophisme, c'est que tous les efforts pour introduire cette pratique sexuelle du préservatif dans les "bonnes mœurs contemporaines", la majorité de la population y est réticente. En outre vous devez bien voir qu'il y a dans ces campagnes, contrairement à votre idée, un appel à la responsabilité collective.
Ce qui caractérise les idées "modernes" avant tout, il vaudrait mieux dire "modernistes", c'est qu'elles sont peu étayées et résistent mal à un examen critique. Je crains que vous n'avez pas encore fait votre révolution, Poly.
Ecrit par : Lapinos | mardi, 05 décembre 2006
Lapin, en toute bonne foi, je ne crois pas que ce soit ce que Polyphème veuille exprimer. Elle note juste que, de nos jours, "ceux qui savent", les techniciens de la gestion de nos vies, croient exprimer une volonté "du peuple", une attente, un désir refoulé, et en même temps apporter un "bien social", en fesant ce genre de campagnes tapageuses, tendances, voire même culpabilisatrices. Ici, en l'occurence, on nous apprend que c'est hype de partager les pratiques du maire de Paris, et d'aller se foutre mais PROTEGE! dans tout orifice qui passe à portée de braguette. On pense encourager la baise en fesant des promos sur les capotes, c'est aussi simple que cela. Les soldes du cul, en quelque sorte.
Mais notre hôte notait que, dans le vaste panel des communataristes ayant perdu le sens commun, certains demandent encore plus, alant jusqu'à, donc, réclamer la poche à foutre à volonté, et ce aux frais de l'Etat, estimant que c'est "un budget au même titre que le pain". En aucun cas Polyphème n'a lié cela, ce petit fait précis, à un besoin de sécurité, comme vous dites, particulier, ou à une véritable attente du peuple.
Par contre, plus généralement, elle dit que "le peuple" à tendance à attendre des bienfaits de l'Etat, mais SEULEMENT des bienfaits. C'est à dire que oui, on veut bien des primes de Noël à 500E quand on est chômeur, on veut bien des aides au logement quand on prétend ne pas en avoir les moyens, on aime bien plus de sécurité, mais surtout, SURTOUT, que moi je n'ai pas à le payer de ma poche, et que je n'en ressente pas les néfastes conséquences. Je veux payer moins d'impôts, mais avoir plus de services, je veux plus de sécurité, mais je ne veux pas être fliqué, je veux travailler moins, mais garder le même pouvoir d'achat, je veux une bonne retraite, mais je ne veux pas moi-même payer les retraites. Le beurre et l'argent du beurre, en quelque sorte.
Ecrit par : madnumforce | mardi, 05 décembre 2006
Je ne suis pas persuadé contrairement à vous, Madnumforce, que Bertrand Delanoë ait le temps d'aller se faire enculer, mais le problème n'est pas tout à fait là.
J'entends bien que les campagnes en faveur du préservatif, relativement inefficaces encore une fois - c'est important de le souligner, jouent entre autre sur la peur des gens, dans beaucoup de domaines, notamment celui de la santé. Surtout la deuxième campagne qu'elle évoque, mieux construite sur le mode du sophisme et plus percutante ("J'ai flirté avec le sida"). Mais son argument que cette peur vient de l'État-providence, c'est ça que je conteste et que je "dénonce" comme de l'idéologie. Il est dangereux, pour soi-même et pour les causes qu'on défend, d'être idéologue sans le savoir. Et ce n'est pas la première fois, l'erreur est humaine, que le cyclope avance un argument gratuit de ce genre, d'où ma réaction.
D'ailleurs cela m'intrigue depuis le début que l'auteur de ce blogue ait choisi d'incarner Polyphème plutôt qu'Ulysse.
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 06 décembre 2006
Lapinos a écrit : "ces campagnes sont l'œuvre d'organismes, d'associations de militants déterminés, j'ose dire que le sida n'a été qu'un prétexte pour les développer." Vous avez sans doute raison.
Madnumforce a assez bien interprété mes propos, mais je ne comprends pas pourquoi Lapinos me reproche de parler de peur entretenue par l'Etat-providence puisque je n'en ai pas parlé. Je voyais plutôt le côté "baisez à tout prix" (grâce à l'Etat qui vous permet de le faire pour pas cher) que le côté "attention danger". Il me semble que si l'argument était vraiment celui de la peur, les campagnes prôneraient préservatif, abstinence et fidélité – n'est-ce pas logique ?
Ecrit par : Polyphème | mercredi, 06 décembre 2006
- Je résumais "le politique qui fait preuve de moult largesses" en "État-providence".
- La peur des maladies, c'est un des arguments sur lesquels les publicitaires jouent, ou bien sur le côté "baiser c'est cool", la carotte et le bâton.
- Non, ce n'est pas "logique", justement, car les militants du préservatif sont des fanatiques qui veulent convertir les jeunes à des principes qui ne sont pas rationnels du point de vue sanitaire, politique, ou économique.
- Si Madnumforce vous a bien interprété, alors je signale une idée fausse dans ce qu'il dit. Non, "ceux qui savent" (en réalité des lobbys influents), ne croient pas exprimer la volonté plus ou moins consciente du "peuple". Ils veulent bien plutôt guider "le peuple" vers ce qu'ils croient bon, vers des idées modernistes devant lesquelles le "peuple" est parfois rétif, ils le savent très bien. La démocratie est utilisée comme un slogan, mais elle n'est pas pratiquée.
Il me semble qu'un peu de rigueur intellectuelle, c'est le meilleur moyen d'échapper au sort réservé à ceux qui ne se contentent pas d'utiliser des slogans modernistes pour servir leur cause mais qui CROIENT dans ces slogans, à savoir le crétinisme aigu qu'on peut déjà discerner chez certains.
Ecrit par : Lapinos | mercredi, 06 décembre 2006
ben oui quoi, c'est vrai : baiser, c'est plutôt cool. Au même titre que de lire un bon livre, que de voir un bon film, ou que d'avoir une conversation inutile en buvant du vin. C'est cool, ça ne veut pas dire que vous êtes obligés d'aimer ça. Laissez donc les gens qui aiment baiser baiser. ça les occupe et chacun est libre d'occuper son temps comme il l'entend. à la votre!
Ecrit par : sylvain | jeudi, 07 décembre 2006
Sylvain :
Question : Alors que vient faire l'État dans ces affaires ? Pourquoi se mêle-t-il des fesses et des zizis des gens ?
Ecrit par : fromageplus | jeudi, 07 décembre 2006
L'état intervient en sa qualité d'entité veillant à l'intérêt public : le bonheur et la santé. Bonheur = entre autres pour certains, sexe / santé = préservatif
Il faut savoir que les jeunes utilisent de moins en moins de capotes, et cela ne signifie pas qu'ils se sont ralliés à l'abstinence. Il est de la responsabilité de l'état de dire : jouissez sans vous détruire
Ecrit par : sylvain | jeudi, 07 décembre 2006
Quand bien même l'Etat aurait pour rôle de penser à la place des gens et les déresponsabiliser des risques qu'ils prennent, est-ce une raison pour mener une campagne d'affichage incitant explicitement [ordonnant ?] à "Make love" [littéralement "Faites l'amour"] à petit prix comme il est textuellement écrit ?
Ecrit par : fromageplus | jeudi, 07 décembre 2006
L'État incite à la "fornication clean", mais interdit de jouir du tabac ou de l'alcool... Bientôt ce sera le tour du chocolat ou du saucisson : usage de cholestérol interdit, sauf en cas de pratiques sexuelles encouragées par le Gouvernement.
Ecrit par : fromageplus | jeudi, 07 décembre 2006
Un jour au marché j'ai entendu un marchand expliquer aux clients que "le ministre a dit qu'il faut manger cinq fruits et légumes par jour". C'était ironiquement révélateur : c'est ressenti comme une injonction venue d'en haut, le ministre dit comment nous devons nous comporter dans notre vie privée.
Ecrit par : Polyphème | jeudi, 07 décembre 2006
Et maintenant, la pilule gratuite :
http://www.bafweb.com/2006/12/07/france-la-pilule-gratuite-pour-diminuer-le-nombre-davortements
Pour diminuer le nombre d'avortements, paraît-il. Mais c’est l’inverse qui se produit. Nous avons affaire à une véritable superstition, complètement déconnectée du réel. Une idéologie, au sens de Marx.
Ecrit par : Sébas†ien | jeudi, 07 décembre 2006
Oui, Sylvain n'a pas complètement tort, baiser c'est plutôt cool (pas toujours mais souvent), mais encore faut-il qu'il nous dise en quoi c'est plus cool de baiser avec une capote anglaise, comme martèle la pub, plutôt que sans ? C'est ça la question qui se pose, notamment aux jeunes très nombreux qui ne l'enfilent pas, vu que ça leur paraît un peu surréaliste de se comporter tous comme s'ils faisaient partie d'une "population à risque".
Le risque d'avoir un accident en voiture est grand, plus que d'attraper le sida en baisant. Personne ne propose pourtant de s'en protéger en interdisant à tout les jeunes de prendre le volant. D'ailleurs on sait l'hécatombe que ç'a été le samedi soir à la sortie des boîtes de nuit. On a pas fermé les boîtes de nuit non plus pour autant, et si le nombre des morts s'est réduit, il y en a encore beaucoup. Idem pour le suicide des jeunes, les statistiques et les enquêtes permettent d'en identifier certains facteurs, comme le divorce. Est-il question d'interdire ou de limiter le divorce pour autant ? Cette idée de responsabilité accrue de l'État vis-à-vis des jeunes, avouez Sylvain qu'elle prête un peu à sourire jaune.
D'ailleurs on sait à peu près pourquoi la moitié des jeunes résistent à la capote. Beaucoup c'est parce que c'est la gonzesse qui doit prendre cette décision, et qu'elle n'a rien d'automatique. Ça se passe pas tout à fait comme dans les films de la nouvelle vague française, dans la réalité. Malgré des années de féminisme militant, on a pas encore complètement réussi à éradiquer une certaine "sensibilité féminine" qui ressort dans certaines situations cruciales. Exiger d'un mec avec qui on va coucher qu'il mette un préservatif, c'est un peu indélicat. C'est une manière d'émettre des doutes sur la sincérité de ses actes et de le réduire à une simple bite. Toutes n'osent pas le faire.
Elle y parviendra peut-être, mais pour l'instant la propagande malthusienne et hygiéniste n'est pas parvenue à extirper de ce rapport social un peu particulier les sentiments, les doutes, l'enthousiasme, surtout chez les débutants. Chez les pédés c'est la même chose, après s'être convertis pour beaucoup d'entre eux, certains ont fini par se lasser de cette religion hygiéniste un peu étriquée. On se lasse d'être un simple consommateur qui se brosse les dents trois fois par jour.
Peut-être que Sébastien sera d'accord avec moi, je ne sais pas, mais quand on s'intéresse un peu aux religions, on ne peut pas s'empêcher de déceler un fond de puritanisme dans cette religion de la capote qui revient dans le fond à séparer un peu les corps, à envelopper le paquet. Du moins c'est un fait que certaines gonzesses farouches, des mecs aussi sans doute, effrayés par le grand méchant sida, préfèrent carrément s'abstenir de baiser plutôt que de courir le moindre risque. Se pignoler devant "petitechatteserree.com", c'est plus "safe".
(C'est marrant, j'ai entendu exactement la même réflexion que le cyclope sur mon marché ; mais quand les représentants de l'État ne disent pas des conneries idéologiques, pourquoi ne pas les écouter, je ne comprends décidément pas ?)
Ecrit par : Lapinos | jeudi, 07 décembre 2006
“The way to combat AIDS is primarily, as everyone should know, behavioral change, monogamous partnerships between a man and a woman.” (Cardinal Murphy O'Connor)
http://leconservateur.bafweb.com/index.php?2006/12/07/375-l-afrique-est-submergee-de-preservatifs-cardinal-murphy-o-connor
Par ailleurs, l'Afrique est submergée de préservatifs, sans que l'épidémie de sida soit enrayée. Ce qui pose de sérieuses questions sur l'efficacité de cette politique du tout-préservatif.
Ecrit par : Sébas†ien | vendredi, 08 décembre 2006
Lapinos, merci pour votre mesure, ce n'est pas la qualité la plus courante ici. Mais j'ai bien peur que vous sous-estimiez l'épidémie, elle ne s'arrête pas aux populations dites à risques. Les blancs hétérosexuels (puisqu'ils ce sont eux les "sans risques") sont certainement moins exposés mais n'ont pas intégré la réalité du sida et ne se font pas dépister. C'est une des raisons pour lesquelles les chiffres de la contamination dans cette partie de la population sont sans doute très en dessous de la réalité. L'État n'interdit évidemment pas de prendre le volant mais mène des campagnes contre l'alcool au volant. De la même façon, il invite à utiliser le préservatif. Enfin, je tiens à exprimer ma colère quand j'entends que ce sont les femmes qui prennent la décison du préservatif. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les hommes qui détiennent le glaive à couvrir, c'est donc à eux d'être responsables. En attendant en tout cas que le préservatif féminin soit plus accessible. Pour terminer, Plyphème, l'État ne s'immisse que très peu dans nos vies privées (en tout cas pour le moment, tout dépendra du vote des français en 2007), il intervient sur des problèmes de santé publique qui ont des incidences sur la collectivité. Il faut savoir que le sida sera dans quelques années l'un des plus grands freins au développement des pays du sud (c'est même déjà le cas). Il ne me paraît donc pas scandaleux que les gouvernements et les institutions internationales en fassent une priorité.
Ecrit par : sylvain | vendredi, 08 décembre 2006
Z'êtes gonflé quand même, Sébastien, vous espérez que le cyclope traduise à l'œil ?
Vous avez raison de souligner que le sida n'est pas très contagieux par rapport à la grippe espagnole (30-40 millions de morts en Europe), la peste, le choléra, le SRAS, et que ce n'est donc pas une épidémie redoutable au plan sanitaire pour les populations européennes. Les moyens publicitaires engagés sont hors de proportion avec la menace. On voit par là que le discours en faveur de la capote est moral voire religieux, mais absolument pas scientifique.
En Afrique les mœurs sexuelles et les conditions sanitaires sont très différentes, et cette propagande moralisantes (malthusienne et féministe) est d'autant moins adaptée.
La violence des attaques contre le pape sont destinées à masquer l'échec dramatique de la politique de santé des organisations onusiennes en Afrique. Dramatique car certaines ethnies africaines sont menacées d'extinction. Et là il ne s'agit pas de pandas.
Je vous accorde, Sébastien, que Benoît XVI a raison de faire la promotion d'un discours scientifique rigoureux. Mais il ne le fait pas assez clairement, ses exemples notamment sont très confus.
Ecrit par : Lapinos | vendredi, 08 décembre 2006
Je n'ai pas évoqué Benoît XVI, que je sache. Donc je ne vois pas en quoi ses exemples sont confus. Vous devriez réfréner votre logorrhée, ça vous ferait du bien. Cela dit en toute amitié.
Ecrit par : Sébas†ien | vendredi, 08 décembre 2006
Non, c'est moi qui l'évoque ce coup-ci, Sébastien, en effet. Ce n'est peut-être pas le lieu, la caverne de Polyphème, mais c'est vous qui avez commencé avec votre cardinal O'Connor. Décidément, je suis trop influençable (Pour ce qui est de la logorrhée, dites mon vieux, vous êtes mal placé pour me faire des reproches…)
Ecrit par : Lapinos | vendredi, 08 décembre 2006
"En Afrique les mœurs sexuelles (et les conditions sanitaires) sont très différentes"
Rien à ajouter, c'est édifiant!
Par ailleurs, mettre comme vous le faites en doute l'utilité du préservatif est dangereux, voire criminel. Je vous invite tous à aller faire un test de dépistage.
Ecrit par : sylvain | vendredi, 08 décembre 2006
Ho comme vous êtes mignon jeune homme !
Je viens de faire un test de dépistage, je peux parler ?
Il me semble que la moitié des personnes infectées l'an dernier en France (pardon, 48%) était d'origine subsaharienne. Mais non, pas possible de dire que les moeurs sexuelles sont différentes, ni que ces gens ont la peau foncée. Nier la différence c'est la pire insulte.
Evidemment que la capote c'est la femme qui demande. Puisque c'est l'homme qui la met. Soit il la met, soit il ne la met pas et la femme doit demander ?? Donc ce n'est pas l'homme qui demande.
Pour la pilule gratuite, ça me paraît un minimum vu que l'ivg est remboursée ! Je ne me ferai jamais rembourser de pilule, ça n'a rien à voir avec la santé donc je trouverais ça absurde, mais il me semble bien de tout faire pour que le moins de femmes possible avorte. Je connais le discours sur la culture de mort, le fait statistique que les pays où l'accès à la pilule est le plus facile ne sont pas les pays où l'on avorte le moins, mais après c'est une question d'éducation à ces questions. Qui la fait ? les militants dont parle Lapinos, les parents, des parents qui répètent ce qu'on leur dit comme des perroquets, etc ? Il me semble qu'on peut parfaitement vouloir prendre la pilule (ou au moins avoir le choix) tout en étant certaine, certaine, certaine que jamais on n'avortera (pitié que personne ne me dise "on ne peut jamais dire jamais, gnagna, sur cette question on peut parfaitement dire jamais, peut-être pas à seize ans mais un peu plus tard, oui).
Sinon Poly je pense énormément à vous ces jours-ci car je suis à Lyon et les happenings culturo-festifs autour de la fête de l'Immaculée conception (et surtout les blablas qu'on trouve sur les dépliants liés) me font mourir de rire. Et immanquablement je me dis "voilà qui doit faire marrer Polyphème".
Ecrit par : Nadine | vendredi, 08 décembre 2006
Je faisais allusion à la polygamie, facteur de contamination dans certains pays d'Afrique. Je n'ai pas porté de jugement moral sur la polygamie, Sylvain, c'est vous qui jugez mes mœurs "criminelles", espèce de fanatique endoctriné !
Comme Sébastien l'a dit plus haut, la diffusion de la pilule contraceptive n'a pas entraîné de diminution de l'avortement. Ce sont les "premières de la classe" qui sont les plus sensibles à la propagande hygiéniste et malthusienne en faveur de la pilule, relayée par leurs parents attentifs. Mais ce sont les moins concernées par les grossesses précoces. La propagande se heurte à la réalité dans une certaine mesure.
Par ailleurs, en dehors de considérations religieuses, il faut signaler que la pilule est suspectée d'augmenter les risques de cancer, et les laboratoires qui fabriquent ces potions mettent tout en œuvre, Dieu sait qu'ils ne manquent pas de moyens, pour dissimuler ce risque. Le "principe de précaution" n'est pas appliqué ici. Ajoutons qu'un des pionniers de la contraception, le Pr Beaulieu, promoteur de la charlatanesque DHEA, ainsi que son acolyte le Dr Elia, ont à la fois des liens très étroits avec le Planning familial, organisme public, et des laboratoires, multinationales capitalistes multimilliardaires qui fabriquent ces pilules. La manne financière que représentent ces pilules se chiffre en milliards de dollars ou d'euros.
Récemment, dans le domaine des hypocholestérolémiants, ont éclaté des affaires qui montraient que dans certains cas les laboratoires n'hésitent pas à truquer les protocoles des études sanitaires menées sur les nouveaux médicaments, qui, quoi qu'il arrive, ne sont jamais sans risques. Les femmes de la première génération à qui on a prescrit des contraceptifs ont servi de cobayes involontaires.
Ecrit par : Lapinos | vendredi, 08 décembre 2006
La dernière fois que quelqu'un a avorté dans mon entourage, c'était une première de classe qui ne prenait pas la pilule "parce que c'est mauvais pour la santé". C'est peut-être cancérigène mais comme le tabac et tous les autres cancérigènes, on a quelque temps pour y réfléchir (vu que le risque augmente avec la quantité il me semble) et s'arrêter. Enfin à mon avis le plus gros défaut de la pilule c'est que ça fait beaucoup diminuer la libido, il n'y a qu'à s'arrêter de la prendre pour le remarquer, pas besoin d'études indépendantes. Après toutes les contraintes sociales précédemment éprouvées, voici une nouvelle camisole inventée par notre temps pour limiter la volupté féminine, la chimie.
Enfin Lapinos je vous rappelle que les grossesses précoces (je suppose que ça veut dire chez les femmes mineures) ne correspondent pas à la majorité des ivg en France, loin de là.
Ecrit par : Nadine | samedi, 09 décembre 2006
Votre première de la classe, Nadine, devait être meilleure en maths qu'en sciences nat. Elle n'a pas pensé qu'un avortement représentait un risque pour sa santé plus important que la pilule encore ? Disons-le autrement : globalement les milieux bourgeois sont plus sensibles à toutes ces campagnes en faveur de la contraception que les milieux plus modestes.
J'entendais "précoce" dans la mentalité actuelle, "Passe ton doctorat de psychologie d'abord, décroche une place dans la fonction publique, et ensuite tu pourras penser à élaborer un planning parental". Mais peu importe. Il est difficile d'obtenir des statistiques en matière d'IVG. 10 % ont moins de 20 ans. Ça ne fait que 20.000 par an. Qui sont les 180.000 restantes ? Mystère. Les reportages laissent penser que ce sont souvent des femmes adultères qui veulent préserver les apparences sociales.
Et toutes mes condoléances pour votre libido, Nadine, puisque vous la mettez sur le tapis.
Ecrit par : Lapinos | dimanche, 10 décembre 2006
"Enfin à mon avis le plus gros défaut de la pilule c'est que ça fait beaucoup diminuer la libido"
Quel mal y a-t-il à cela ?
"Il y a en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l'action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des cieux." (Matthieu 19, 12)
Ecrit par : Sébas†ien | dimanche, 10 décembre 2006
C'est pas parce que Nadine cause comme un homme que vous devez la traiter d'eunuque, Sébastien. Quelle que soit la volonté d'une femme de devenir un homme, elle n'y parviendra jamais complètement. Il y a une justice pour les misogynes, quand même…
Ecrit par : Lapinos | lundi, 11 décembre 2006
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