mercredi, 06 juin 2007
« Plouf économie », © marque déposée
Il est toujours aussi fatigant de rencontrer ce genre d'articles au détour d'un journal... Cette fois-ci, ça a l'air tellement con que j'irai peut-être voir ce soir les trois pelés et le tondu de service faire mumuse avec les galets dans la Saône (de mon temps on y pêchait de petits poissons-chats, c'était nettement plus rigolo).
« À 20 h 07 (07 pour 2007, l’an prochain ce sera à 20 h 08) "en France et dans tous les pays et jusqu’au coucher du soleil, nous ferons un mondial plouf… Alors à vos cailloux… Dans le respect des biens et des personnes, des péniches et caniches, des baigneurs et même des poissons !". L’invitation est signée Philippe Moncorgé, inventeur en 2002 de la plouf économie. Kezako ? "Il s’agit d’un lâcher, d’un lancer de cailloux dans l’eau, ni loin, ni gros, ni petit… Comme on le veut. C’est un acte gratuit, généreux et poétique qui ne crée que des bruits de plouf, des vagues et de la joie", explique l’artiste lyonnais. La plouf économie, c’est toujours le premier mercredi de juin. Chaque année, les ploufeurs sont de plus en plus nombreux; chacun peut faire parvenir le lieu de son choix (un pont, un quai, un lac, une fontaine, voire une baignoire) sur le site www.ploufeconomie.net, illustré par un complice bédéiste, Christian Gaudin. Toutefois un lieu est suggéré pour chaque ville participante (ce soir 1er plouf officiel à Neuville-sur-Saône), c’est ainsi qu’à Lyon, le rendez-vous est fixé quai Tilsitt, à la hauteur de la passerelle Saint-Georges. Au même moment dans une quarantaine de villes en France, on (se) lancera, de Lille à Marseille, en passant par Bordeaux, Montpellier ou Tahiti. Mais aussi dans le monde entier, de l’Argentine à la Nouvelle-Zélande, de la Chine à la Turquie, de Berlin à New York... À 20 h 07, heure locale dans chaque pays, ça fait un plouf par fuseau horaire sur 24 heures, explique Philippe Moncorgé. En fait, il s’agit d’installer une économie poétique mondiale. Comme toute économie, la plouf économie produit, mais des vagues, de la joie, du calme, des rires, s’enthousiasme-t-il. Avant d’annoncer que des contacts sont engagés avec la mairie de Lyon pour trouver un lieu de "training plouf" : un endroit où, toute l’année, n’importe quand, on pourra aller faire des ronds dans l’eau. »
Dominique Thibert, in Lyon Plus, 6 juin 2007
Je recommande une visite sur le site en lien dans l'article, remarquable en ceci que les mots « plouf économie » sont systématiquement suivis d'un astérisque... Tiens tiens... Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver la mention à laquelle celui-ci renvoie : «marque déposée ». Ah bon ?, je croyais que c'était gratuit, généreux et poétique ?
J'aime beaucoup l'inscription de cette "action" (comment nommer ce truc ? Quand même pas un événement ?...) dans "le respect des biens, des personnes" et de quantité de choses : sans quoi ce ne serait parfaitement moderne.
Pour finir, la dimension internationale vantée dans l'article me fait doucement rigoler. Il faut lire qu'il se trouvera ce soir trois bobos désœuvrés dans quatre ou cinq capitales branchées pour se sentir en communion avec la poésie pendant une minute chrono.
Sans oublier que Lyon est construite sur deux cours d'eau omniprésents, le Rhône et la Saône, ce qui fait pas mal d'endroits où jeter ses cailloux : pourquoi diable la mairie aurait-elle besoin d'aller dépenser nos impôts pour créer un lieu qui y serait dédié ?
Pincez-moi je rêve...
15:25 Publié dans Symptômes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Si je fais des ricochets à la plage, suis-je en train de pirater une propriété intellectuelle ?
Ecrit par : fromageplus | mercredi, 06 juin 2007
Je suis donc passée voir ça ce soir, ils étaient dix clampins à boire un coup près de l'eau (je suis arrivée à 20h10) – ça méritait bien des articles dans plusieurs quotidiens de grande diffusion !
Ecrit par : Polyphème | mercredi, 06 juin 2007
Pas de rivière près de chez moi: je vais aller faire ça dans une vitrine de magasin.
Ecrit par : Cadichon | jeudi, 07 juin 2007
Polyphème pose les questions, moi je donne les réponses :
- d'abord "Lyon Plus", il faut bien mettre quelque chose dedans pour faire le nombre de pages habituel (un multiple de 4, si possible) ; même à Paris, on n'a pas toujours droit à des dessins de Cabu…
- ensuite lorsqu'on touche des subventions municipales, il faut bien justifier d'une activité, et au moins celle-là a le mérite d'être économique, même si les économies ne sont pas pour le contribuable lyonnais (Le mérite-t-il ? On raconte beaucoup de choses sur les Lyonnais, pas spécialement à leur avantage.)
À mon tour de poser une question à Poly (ou à son porte-parole) : je croyais que Poly avait passé son enfance à se goberger de frites cuites à l'huile de vidange à Lille, et tout d'un coup elle raconte qu'elle pêchait des poissons-chats dans la Saône !… Où est la vérité ?
Ecrit par : Lapinos | jeudi, 07 juin 2007
C'est que, j'ai déménagé du Nord à la Saône vers l'âge de cinq ans, ce qui me permit d'avoir deux enfances !
Ecrit par : Polyphème | jeudi, 07 juin 2007
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