vendredi, 15 juin 2007

Stephan Eicher se prend pour Vincent Gallo

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mercredi, 13 juin 2007

Mon député est bien placé

Le député actuel de ma circonscription, Emmanuel Hamelin, UMP, sera sans doute réélu dimanche. Pour être bien certain que je contribue à cette victoire, il m'a téléphoné il y a deux jours. En décrochant j'ai entendu : « Bonjour ici Emmanuel Hamelin, je vous appelle gratuitement ! Si vous voulez entendre Jean-Louis Borloo, tapez 1 ; si vous voulez raccrocher, tapez 2. » (Je jure que tout ceci est véridique.) Comme je ne suis pas à une expérience bizarroïde près, j'ai tapé 1, et j'ai eu le plaisir d'entendre Borloo me raconter personnellement qu'il allait sauver la France grâce à Emmanuel car désormais   « avec Emmanuel, avec moi et avec Nicolas, tout devient possible ». Pauvre Monsieur le Président de la République, obligé de se faire tutoyer et taper sur l'épaule par ses sous-fifres... Il l'a bien cherché, aussi.

Mais revenons à Hamelin, qui m'a distribué un tract au marché (bon d'accord, cette fois ce n'était pas lui en personne). Le tract reproduit une lettre que lui a écrite François – pardon, Monsieur le Premier Ministre. Fillon lui donne du « Cher Emmanuel » et lui dit «J'ai besoin de toi » quatre fois dans un texte de dix lignes. « Sur tous ces sujets, je connais ton engagement, ta force de conviction, ta fidélité.  (...)  J'ai besoin de ta victoire. »

Je suis tellement impressionnée par tant de relations que je vais me dépêcher d'aller voter pour lui, d'autant que sa suppléante s'appelle Afifa Jakir, ce qui est un gage de bonne diversité et d'ouverture sur un monde qui bouge aujourd'hui.

Blague à part, ça marche sur qui, ces techniques ? Qui achète les porte-clés et les sous-verres à l'effigie des partis politiques ?  

lundi, 11 juin 2007

Dans le métro, l'art pour tous

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Précisons que ce machin doit faire au moins 2,50 m de haut. 

mercredi, 06 juin 2007

« Plouf économie », © marque déposée

Il est toujours aussi fatigant de rencontrer ce genre d'articles au détour d'un journal... Cette fois-ci, ça a l'air tellement con que j'irai peut-être voir ce soir les trois pelés et le tondu de service faire mumuse avec les galets dans la Saône (de mon temps on y pêchait de petits poissons-chats, c'était nettement plus rigolo). 

 

« À 20 h 07 (07 pour 2007, l’an prochain ce sera à 20 h 08) "en France et dans tous les pays et jusqu’au coucher du soleil, nous ferons un mondial plouf… Alors à vos cailloux… Dans le respect des biens et des personnes, des péniches et caniches, des baigneurs et même des poissons !". L’invitation est signée Philippe Moncorgé, inventeur en 2002 de la plouf économie. Kezako ? "Il s’agit d’un lâcher, d’un lancer de cailloux dans l’eau, ni loin, ni gros, ni petit… Comme on le veut. C’est un acte gratuit, généreux et poétique qui ne crée que des bruits de plouf, des vagues et de la joie", explique l’artiste lyonnais. La plouf économie, c’est toujours le premier mercredi de juin. Chaque année, les ploufeurs sont de plus en plus nombreux; chacun peut faire parvenir le lieu de son choix (un pont, un quai, un lac, une fontaine, voire une baignoire) sur le site www.ploufeconomie.net, illustré par un complice bédéiste, Christian Gaudin. Toutefois un lieu est suggéré pour chaque ville participante (ce soir 1er plouf officiel à Neuville-sur-Saône), c’est ainsi qu’à Lyon, le rendez-vous est fixé quai Tilsitt, à la hauteur de la passerelle Saint-Georges. Au même moment dans une quarantaine de villes en France, on (se) lancera, de Lille à Marseille, en passant par Bordeaux, Montpellier ou Tahiti. Mais aussi dans le monde entier, de l’Argentine à la Nouvelle-Zélande, de la Chine à la Turquie, de Berlin à New York... À 20 h 07, heure locale dans chaque pays, ça fait un plouf par fuseau horaire sur 24 heures, explique Philippe Moncorgé. En fait, il s’agit d’installer une économie poétique mondiale. Comme toute économie, la plouf économie produit, mais des vagues, de la joie, du calme, des rires, s’enthousiasme-t-il. Avant d’annoncer que des contacts sont engagés avec la mairie de Lyon pour trouver un lieu de "training plouf" : un endroit où, toute l’année, n’importe quand, on pourra aller faire des ronds dans l’eau. »

Dominique Thibert, in Lyon Plus, 6 juin 2007

 

Je recommande une visite sur le site en lien dans l'article, remarquable en ceci que les mots « plouf économie » sont systématiquement suivis d'un astérisque... Tiens tiens... Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver la mention à laquelle celui-ci renvoie : «marque déposée ». Ah bon ?, je croyais que c'était gratuit, généreux et poétique ?

J'aime beaucoup l'inscription de cette "action" (comment nommer ce truc ? Quand même pas un événement ?...) dans "le respect des biens, des personnes" et de quantité de choses : sans quoi ce ne serait parfaitement moderne.

Pour finir, la dimension internationale vantée dans l'article me fait doucement rigoler. Il faut lire qu'il se trouvera ce soir trois bobos désœuvrés dans quatre ou cinq capitales branchées pour se sentir en communion avec la poésie pendant une minute chrono.

Sans oublier que Lyon est construite sur deux cours d'eau omniprésents, le Rhône et la Saône, ce qui fait pas mal d'endroits où jeter ses cailloux : pourquoi diable la mairie aurait-elle besoin d'aller dépenser nos impôts pour créer un lieu qui y serait dédié ?

Pincez-moi je rêve...  

mardi, 29 mai 2007

Ma mère s'appelle reviens

 Cf. sur le même sujet ma note de l'année dernière.

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« Notre époque, en même temps qu'elle se soude autour de saintes luttes comme celle qu'elle livre contre l'inceste et pour le renforcement de son interdit, se trouve irrésistiblement entraînée, qu'elle le veuille ou non, vers une levée générale de l'interdit de l'inceste. Tout y conduit, et pas seulement les propagandistes frontaux de la relativisation de la famille occidentale "classique" qui passent leur temps à essayer de démontrer que la prohibition de l'inceste "n'a aucun fondement biologique", qu'elle "n'est pas si universelle qu'on le prétend", etc. C'est l'Occident tout entier qui devient incestueux, et de façon d'autant plus irrésistible qu'elle est non délibérée mais pour ainsi dire logique, ne serait-ce que dans l'effacement généralisé de la différence des sexes auquel il travaille et dans le remplacement du patriarcat honni par un néo-matriarcat. L'Occident est profondément travaillé par la question de l'inceste : il l'est à tous les niveaux, aussi bien dans les déballages de linge sale et les levées de l'intimité qu'opèrent inlassablement les médias qu'à travers toutes les mythologies de "libération", de "transgression", de "subversion" et de "décrispation" qui représentent ses ultimes valeurs. 

(...) Il semble bien que nous nous trouvons ici dans une de ces Zones d'indignation protégée (ZIP) où l'on refuse avec véhémence ce que partout ailleurs on approuve, où l'on combat dans un seul cas ce que l'on favorise dans tous les autres ; et où l'on dénonce comme Mal absolu ce qui est en réalité devenu l'unique moteur, donc le Bien absolu et le seul horizon, d'une civilisation sans avenir. »

 

Philippe Muray, Moderne contre moderne, Exorcismes spirituels IV, 2005